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Si on ne peut empêcher le déversement, il faut en compenser les effets, dit Luc Ferrandez

Le gouvernement fédéral doit obliger Montréal à prendre des mesures pour compenser les dommages que causera le déversement de milliards de litres d'eaux usées prévu dans le fleuve Saint-Laurent, estime le chef de l'opposition municipale montréalaise, Luc Ferrandez.

Il affirme que le fédéral doit dès maintenant mettre en place un comité de compensation qui serait chargé d'évaluer les impacts du déversement et sa toxicité, pour ensuite juger des mesures à prendre pour en compenser l'impact environnemental.

M. Ferrandez affirme que si le gouvernement fédéral n'a pas le temps de mettre ce comité en place, il doit alors mettre sur pied un comité d'urgence « qui proposera à la Ville de Montréal une facture de compensation. S'il ne le fait pas, Montréal devrait elle-même en proposer une », dit-il.

Selon lui, un comité de compensation devrait toujours être mis en place par le gouvernement fédéral, contre le pollueur, pour tout déversement dans les Grands Lacs ou le fleuve Saint-Laurent. Il croit que le gouvernement provincial devrait faire la même chose en ce qui concerne les rivières québécoises.

Plus d'investissements dans les infrastructures sont nécessaires

Présent à la même conférence de presse, Pierre Dumont, biologiste ayant travaillé à améliorer la qualité de l'eau du fleuve Saint-Laurent, assure qu'il existe des possibilités de compenser le déversement montréalais « de façon permanente ». M. Dumont suggère d'abord d'augmenter les investissements dans les programmes d'infrastructures.

Il propose entre autres d'avancer l'ouverture de la future usine d'ozonation de Montréal, qui permettra de diminuer de façon importante les rejets dans le fleuve de produits pharmaceutiques et de bactéries. L'usine doit être fonctionnelle en 2018. En accélérant le moment de son ouverture, Montréal pourrait ainsi compenser le déversement prévu en octobre, dit-il.

Les problèmes de raccordement croisés, qui entraînent des déversements d'eaux usées domestiques vers les égouts pluviaux, sont un autre problème que Montréal pourrait régler pour diminuer la pollution que la Ville rejette dans le fleuve, énumère également M. Dumont.

« Des connaissances et de l'expertise pour faire ça, ça existe au Québec, dans l'administration municipale et dans les deux paliers de gouvernement. Toutefois, ceux-ci ont été fortement touchés par les coupures des dernières années », souligne-t-il.

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