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SNC-Lavalin achète la firme britannique WS Atkins pour 3,6 milliards de dollars

SNC-Lavalin réalise sa plus importante acquisition, et sa première en près de trois ans, en mettant la main, au terme de deux semaines de discussions, sur la firme britannique WS Atkins pour environ 3,6 milliards de dollars.

Annoncée après la clôture des marchés, jeudi, la transaction permettra à la multinationale québécoise basée à Montréal d'effectuer une importante percée en Europe, une région qui n'a représenté que 5,3 % de son chiffre d'affaires l'an dernier.

Plus tôt ce mois-ci, Atkins, qui se spécialise dans l'ingénierie et la gestion d'importants projets d'infrastructures, avait dévoilé qu'il y avait des pourparlers entre les deux compagnies.

Cette transaction permettra à SNC-Lavalin de générer un chiffre d'affaires annuel d'environ 12 milliards de dollars tout en faisant passer la taille de son effectif de 35 000 à 53 000 employés.

À son avis, l'ajout des activités complémentaires d'Atkins permettra à SNC-Lavalin d'étendre son empreinte géographique et d'élargir son bassin de clients.

Le Vieux Continent représente plus de la moitié des recettes d'Atkins, également présente en Amérique du Nord, au Moyen-Orient et en Asie. La firme londonienne fondée en 1938 a généré en 2016 un bénéfice avant impôt de 219 millions de dollars sur un chiffre d'affaires de 3,1 milliards de dollars.

Le secteur des infrastructures représente près de 86 % de ses revenus, comparativement à 14 % pour celui de l'énergie.

Neil Bruce, président et chef de la direction de SNC-Lavalin, a estimé qu'Atkins allait améliorer le positionnement de SNC-Lavalin dans les secteurs des infrastructures, des transports collectifs et ferroviaires ainsi que de l'énergie nucléaire.

« Notre diversification sera meilleure puisque notre exposition au secteur pétrolier et gazier sera réduite, a-t-il dit. C'est un aspect important de notre modèle d'affaires. »

SNC-Lavalin, qui offre 20,80 livres sterling par action d'Atkins, prévoit réaliser des synergies d'environ 120 millions de dollars au cours de la prochaine année.

La transaction, dont la conclusion est prévue au cours du troisième trimestre, doit recevoir l'aval des actionnaires de la société londonienne ainsi que des autorités réglementaires.

Pour financer cette acquisition, SNC-Lavalin reçoit un important coup de pouce de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), son plus important actionnaire.

Au total, un montant de 1,9 milliard de dollars est financé grâce à une injection de capitaux de 400 millions de dollars en provenance du bas de laine des Québécois ainsi que par un prêt de 1,5 milliard de dollars garanti notamment par les flux de trésorerie de la participation de SNC-Lavalin dans l'autoroute 407 à Toronto. Le reste de la transaction sera financé par des emprunts ainsi que par un placement privé réalisé auprès du public.

En tenant compte du régime de retraite d'Atkins et des synergies, la firme montréalaise estime que le prix d'acquisition représente 9,8 fois le bénéfice d'exploitation ajusté d'Atkins.

Au début du mois, lorsque les deux entreprises avaient confirmé les discussions, les analystes financiers s'étaient dans l'ensemble montrés favorables à une éventuelle acquisition.

La dernière prise majeure de SNC-Lavalin remonte à 2014, lorsqu'elle avait mis la main sur la firme londonienne Kentz spécialisée dans les secteurs pétrolier et gazier, pour 2,1 milliards de dollars. Au cours des derniers mois, M. Bruce avait prévenu les marchés que l'entreprise était en bonne posture pour procéder à une acquisition, sans toutefois s'avancer sur un montant précis.

À la Bourse de Toronto, l'action de SNC-Lavalin a clôturé à 53,05 $, en recul de 37 cents, ou 0,69 %.

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