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Sortir les femmes de la prostitution en leur offrant un hébergement

Des chercheurs et des intervenants communautaires se sont donné comme mission de trouver des logements aux victimes d'exploitation sexuelle pour les aider à réintégrer la société. Cette initiative baptisée Horizon a récemment vu le jour à Montréal, destination importante pour le tourisme sexuel, selon les intervenants.

Un texte de Laurence Niosi

Le projet de recherche mené par le professeur Eric Latimer, de l’Université McGill, vise plus particulièrement à définir les besoins en logement des victimes d'exploitation sexuelle. Le projet, inédit au Québec, est financé par le ministère de la Sécurité publique du Canada à hauteur de 180 000 $.

Bien que des ressources de soutien existent au Québec, aucun service de logement à moyen terme n'est offert pour permettre aux victimes de retrouver leur autonomie.

Des services similaires sont pourtant proposés en Ontario, en Colombie-Britannique, au Manitoba et en Alberta.

Ronald Lepage, directeur de l'organisme La Sortie qui pilote le projet, estime que cette absence s’explique par une culture de « glamourisation » de la prostitution au Québec, vue comme « faisant partie des mœurs et acceptable ».

« 89 % de ces filles-là veulent sortir de ce milieu, [mais] le contexte social ne favorise pas l'éclosion d’un service d'aide, car on croit qu'elles ont choisi leur sort », ajoute-t-il.

S'en sortir

Chantal, qui a préféré taire son nom de famille, est devenue escorte à 17 ans. Ses quatre ans de prostitution l’ont laissée avec une faible estime d’elle et une méfiance à l'égard des hommes.

Aujourd'hui âgée de 40 ans, elle dit avoir réussi à s’en sortir. Elle aurait toutefois aimé, dans la jeune vingtaine, pouvoir bénéficier d'un service d'hébergement afin de panser ses blessures physiques et psychologiques. Cet accès à un logement l’aurait en outre incitée à quitter plus rapidement le milieu, dit-elle.

« Les hébergements […] c'est tellement important. C'est ce qui va aider [les victimes] à passer à autre chose et à évoluer, plutôt que de rester coincées là », souligne-t-elle.

Un premier centre d'ici 2019

La Sortie souhaite ouvrir d'ici 2019 un premier centre d'hébergement à Montréal destiné aux victimes adultes d’exploitation sexuelle. Le centre fournirait des services de santé et de relation d’aide.

Une première tentative de l'organisme d'ouvrir un centre du genre à L’Île-Bizard, dans l’ouest de l’île, a échoué l’automne dernier, en raison des protestations des citoyens.

On dénombre 330 établissements offrant des services sexuels dans la région de Montréal, dont près de 200 salons de massages, 65 bars de danseuses et 38 agences d’escortes, selon le Service du renseignement criminel du Québec.

La question de l’exploitation sexuelle revient régulièrement dans les médias lors de la présentation de grands événements sportifs, comme le Grand Prix du Canada, qui se tient à Montréal au mois de juin.

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