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Spotted Laval : l'univers des communautés anonymes sur Facebook

Rares sont les villes dans la région qui n'ont pas une page Facebook « Spotted », sorte de babillard virtuel où les citoyens publient des messages anonymes sur leur communauté. Un phénomène critiqué puisqu'il n'est pas à l'abri de dérapages. Cet espace peut toutefois se révéler un formidable lieu d'échanges citoyens. Rencontre avec l'administrateur de la page « Spotted Laval », qui lève le voile sur cet univers.

Une chronique de Marie-Ève Tremblay du Grand Montréal

« Spotted Laval » réunit 14 000 membres et rejoint près de 200 000 personnes chaque semaine, soit l'équivalent d'un Lavallois sur deux. La réussite de cette page ne repose pas sur le nombre de membres, mais plutôt sur l'engagement, notamment les partages, les « j'aime » et les commentaires. Selon les semaines, entre 20 000 et 50 000 internautes interagissent sur les publications. Pour être publié, il s'agit d'envoyer un message privé à l'administrateur, qui le diffuse ou non sur la page.

Le visage derrière cette page : Frédérick Gingras Ouellet, 25 ans. Détenteur d'un certificat en sciences sociales de l'UQAM, il étudie en design intérieur au Cégep du Vieux-Montréal. Il travaille aussi dans une pharmacie. Trois fois par jour, il prend deux heures pour trier une quarantaine de messages reçus dans la boîte de messagerie privée. Pourquoi tout ce travail bénévolement? Il a l'impression que « ça peut aider les gens » et que c'est un milieu social « qui permet aux Lavallois de débattre et d'être en contact ».

« Je ne corrige pas les fautes de français parce qu'ils se corrigent entre eux! Ça donne lieu à de belles discussions et ça nous donne plus de visibilité », souligne Frédérick.

L'amour comme point de départ

Au départ, le mouvement « Spotted » a été créé pour mettre en contact deux personnes qui ont eu un « coup de foudre » dans un lieu précis dans la ville. Or, le concept a évolué pour devenir lieu de services, de dénonciations, de rencontres et d'échanges entre les citoyens.

Frédérick ne publie pas tout. Les messages violents, les publicités et les messages où l'on vise quelqu'un en particulier sont ignorés. S'il reçoit une photo avec un numéro de plaque, il demande au membre de la brouiller. « Je publie tout ce qui ne vise pas personne directement. Ensuite, ceux qui le désirent vont commenter et s'identifier dans le fil de discussion. »

C'est en modérant les messages et la discussion que ce type de page demeure respectueuse et utile, selon lui.

Ce qui se passe au coin de la rue : un gage de succès

Cet été, ce sont les messages de chats et de chiens perdus et retrouvés qui ont été les plus populaires à Laval. Et... ça fonctionne! « Une dizaine de personnes nous a confirmé qu'ils avaient retrouvés leurs animaux grâce à notre page », dit Frédérick. Cet été, beaucoup de citoyens parlaient aussi de la cohabitation avec les vélo. Enfin, les objets volés et à vendre et les messages "d'amour" sont parmi les plus fréquents.

Le plus grand succès? Cette vidéo de demande en mariage au Carrefour Laval.

L'engagement devient aussi parfois réalité et va beaucoup plus loin. En décembre dernier, Frédérick a reçu un message d'une dame qui était malade et qui venait de perdre son emploi. Elle lui demandait de l'aide. Après l'avoir rencontrée, il a lancé une collecte de fonds et de denrées. La réponse a été surprenante. « Elle n'avait pas non plus de sapin de Noël pour ses enfants. Nous lui en avons trouvé un. La dame pleurait... »

Vu Grand Montréal

Ce phénomène nous a inspirés. La page Facebook Grand Montréal publiera désormais vos photos et vidéos. Lorsqu'une situation vous indigne, vous attriste ou vous fait sourire, tournez-vous vers nous et prenez notre clavier. Notre chroniqueuse, Marie-Eve Tremblay, explique.

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