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SPVM : Pichet veut revenir, Plante et Coiteux assument la décision de le suspendre

L'ancien directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Philippe Pichet, a entamé une poursuite civile contre la procureure générale du Québec, le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, et la Ville de Montréal dans l'espoir de revenir à la tête du corps de police. Le ministre Coiteux et la mairesse Valérie Plante ne semblent toutefois pas pressés de se plier à sa requête.

Dans une poursuite d'une quinzaine de pages datée du 29 mai, l'avocat de M. Pichet, Me Casavant Mercier, exige notamment que la suspension de son client soit annulée et que celui-ci puisse réintégrer ses fonctions.

Il est aussi demandé au tribunal d'ordonner à la Ville de Montréal de verser à l'ex-chef de police « la somme requise pour l'indemniser de ses frais » ainsi que « toutes les sommes constituant les autres avantages et allocations dont il bénéficiait avant sa suspension ».

La poursuite a été déposée devant la Cour du Québec cette semaine au palais de justice de Montréal.

Interpellé sur le sujet à sa sortie de la réunion du caucus libéral, jeudi matin, le ministre Coiteux a dit attendre le rapport d'étape du directeur par intérim du SPVM, Martin Prud'homme, avant de prendre une décision de concert avec la mairesse Valérie Plante.

Mme Plante a fait valoir de son côté que la Ville avait « agit pour le bien des Montréalais », contestant l'argument de M. Pichet selon lequel sa suspension avec solde et sa réaffectation au service de gestion des immeubles, un poste beaucoup moins névralgique, constituaient dans les faits un « congédiement déguisé ».

Philippe Pichet a été suspendu par décret gouvernemental le 6 décembre dernier après une enquête du commissaire Michel Bouchard sur la gestion des enquêtes internes au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Le rapport lui reprochait notamment ne pas avoir réussi à régler ces problèmes, qui existaient avant son arrivée, en 2015.

Dans sa poursuite, M. Pichet prétend n'avoir rien à se reprocher et juge qu'il n'y a pas de preuves tangibles montrant qu'il n'a pas les compétences d'être directeur du SPVM.

Il souligne d'ailleurs avoir présenté un plan de redressement validé par le ministre Coiteux, qui a choisi malgré tout de l'écarter.

Nommé en août 2015, Philippe Pichet devait terminer en 2020 son mandat à la tête du SPVM.

Avec la collaboration de Pascal Robidas

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