Steven Butler avait le talent et les aptitudes pour briller dans n'importe quel sport. Mais c'est avec son grand-père en tête et la perte tragique d'un ami d'enfance qu'il a opté de viser pour les grands honneurs de la boxe.

Dans les années 70, le grand-père avait fait les belles années du Centre Paul-Sauvé, de l’Auditorium de Verdun et même du Forum de Montréal.

Un texte de Jean-François Chabot

Ancien champion canadien, Marshall Butler a figuré au cœur de nombreuses soirées « promotées » par Régis Lévesque, acceptant d’y affronter toutes les vedettes de l’époque comme Jean-Yves Fillion, Gérald Bouchard et Jean-Claude LeClair.

Heureusement pour lui, deux générations plus tard Steven est beaucoup mieux encadré que ne l’a été son grand-père qui a subi ses cinq défaites parmi les neuf derniers combats de sa carrière.

Steven n’a jamais connu son grand-père, mais il avait 6 ans quand il a pris conscience pour la première fois de ce qu’avait accompli son aïeul. Dès ce moment, il veut embrasser la boxe, mais la famille ne voit pas les choses du même œil.

Malgré l’opposition familiale clairement exprimée, à 11 ans, Steven s’inscrit lui-même dans un club de boxe. Il y fait la rencontre de Rénald Boisvert, un ex-avocat devenu non seulement un entraîneur, mais un intellectuel de la boxe.

Il faudra cinq ans de plus pour que Butler choisisse d’en faire une carrière. Il le fait en s’éloignant de relations néfastes et des mauvaises influences qu’il côtoyait dans le dur quartier de St-Michel à Montréal.

Coup dur

Sa carrière professionnelle a démarré sur les chapeaux de roues au sein d’une écurie encore naissante, Eye of the Tiger Management du promoteur Camille Estefan.

En l’espace de neuf mois, il livre neuf combats. Il les gagne tous, sept d’entre eux avant la limite. En 2015, la qualité des adversaires est à la hausse, mais les victoires continuent de s’accumuler.

Il est toujours invaincu quand il encaisse un dur coup avec la perte brutale d’un ami d’enfance, mort criblé de balles en février de cette année-là.

Au lieu de déprimer, Butler trouvera dans ce drame la force et la motivation supplémentaire afin d’atteindre son rêve de devenir champion du monde.

C'est d'ailleurs ce que lui prédisait son ami qui l’accompagne désormais dans le ring sous la forme d’un tatouage sur une épaule.

Voir grand

Steven ne veut pas se contenter de la boxe locale. Aux dires de son père Clint, Steven souhaite faire en sorte « que la boxe rendent aux Butler ce qu’elle leur doit. »

Son entourage parle de lui comme d’un jeune homme modeste avec une bonne tête sur les épaules. Ne manquant pas de confiance du haut de ses 21 ans, Steven affirme haut et fort qu’il veut devenir une légende.

Papa du petit Mayson, 4 mois, Steven répète à qui veut l'entendre que c’est pour assurer le bien-être de son fils et de sa conjointe Seyla Peralta qu’il veut atteindre les sommets et garnir son compte en banque.

Cette dernière retient son souffle chaque fois que son amoureux monte dans l’arène, surtout depuis qu’il boxe chez les professionnels. Elle trouvait cela moins stressant chez les amateurs, où l’on permettait, il n'y a pas longtemps encore, le port du casque protecteur.

S’il est une étoile montante, ceux qui dirigent la carrière de Butler voient en lui le potentiel qui pourrait lui permettre de surpasser tout ce qui a été accompli par les plus grandes têtes d’affiche de la boxe québécoise des récentes années à l’international.

C’est pourquoi le combat de samedi visant l’unification des ceintures IBF nord-américaine et WBA Intercontinentale des mi-moyens pourrait représenter un tournant dans la carrière du vainqueur.

S’il gagne face à l’Ontarien Brandon Cook (17-0, 10 K.-O.), Butler (18-0-1, 15 K.-O.) se placera dans une situation avantageuse dans les classements mondiaux des deux associations.

En se retrouvant au sein du top 5 des super mi-moyens de la planète, Butler serait potentiellement à une ou deux victoires d’un combat de championnat du monde.

Camille Estefan rêve d’avoir un autre champion du monde pour en faire la promotion. Il a brièvement goûté à ce plaisir ultime du promoteur quand Birmane Stiverne a détenu la ceinture WBC des lourds.

Il n’y a pas de doute qu’avec la perte de vitesse et la baisse de popularité des Lucian Bute, Jean Pascal et Adonis Stevenson auprès des amateurs de boxe d’ici, il y a une place à prendre.

Et Butler ne demanderait rien de mieux que de devenir la nouvelle coqueluche d’un sport qui se cherche de nouveaux héros.

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