BILLET - Il fut un temps où les joueurs de la LNH formaient un groupe uni et se battaient non seulement contre les équipes adverses, mais aussi contre leurs entraîneurs.

Un texte d'Enrico Ciccone

Ces derniers étaient payés pour gagner des matchs et soutirer le meilleur de chaque individu, peu importe les moyens. L'intimidation faisait alors partie du quotidien. La moindre contre-performance laissait place à des menaces de rétrogradation et même de congédiement.

Un régime de peur, quoi!

De nos jours, l’entraîneur doit s’adapter aux nouvelles réalités du hockey s’il veut garder son emploi et faire fonctionner ses joueurs à plein régime pendant plus de 200 jours par année. Ceci dit, le hockey va bien au-delà des systèmes quasi scientifiques qui nous sont présentés soir après soir sur nos écrans dans le but de dominer l'adversaire pour deux maigres points au classement.

Surtout, il y a l’aspect psychologique, les entourloupettes pour faire croire aux joueurs qu'ils sont meilleurs qu'ils ne le sont vraiment et pour les convaincre de faire fi du mal et de la peur qu’ils peuvent ressentir. Ce sont là, maintenant, des incontournables pour qu’un entraîneur puisse espérer voir ses hommes brandir la coupe Stanley en juin.

Devant le congédiement de Michel Therrien, ancien entraineur/psychologue du Canadien, nous devons nous rendre à l'évidence : il présentait assurément des lacunes au plan des relations humaines, notamment avec ses gardiens de buts.

Revenons en arrière. Quand Therrien était entraineur des Citadelles de Québec, dans la Ligue américaine, il avait pointé du doigt, même invectivé à maintes reprises dans le vestiaire, un joueur prometteur du Canadien, le gardien Mathieu Garon, jusqu'à le faire pleurer devant ses coéquipiers. Mathieu y avait presque laissé sa carrière. Plus tard, on se rappellera cette fameuse phrase prononcée par Therrien alors qu'il venait à peine d'être nommé entraîneur-chef des Penguins de Pittsburgh : « Je commence vraiment à penser que l’objectif [des défenseurs des Penguins] est de devenir la pire brigade défensive de la ligue. »

Vraiment?!

Devant ces faits, sommes-nous surpris de l'humiliation qu’a fait vivre Therrien au gardien Al Montoya, le 4 novembre dernier, en le laissant se faire marquer 10 buts sans le retirer du match? Son joueur par excellence, Carey Price, en grand meneur, avait alors voulu venir en aide à son coéquipier en faisant signe à son entraîneur qu'il était prêt à le secourir... Mais son offre a été ignorée.

C'était le début de la fin du deuxième et dernier passage de Michel Therrien à Montréal.

En rétrospective, Therrien a erré, et pas à peu près. Saura-t-il un jour comprendre? J’en doute!

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