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Surveillance des journalistes : Coderre demande un examen des procédures au SPVM

La Commission de la sécurité publique (CSP) de Montréal se penchera sur les procédures suivies par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) pour l'obtention de mandats judiciaires visant les journalistes.

Le maire de Montréal, Denis Coderre, en a fait la demande mardi au président du comité exécutif de la Ville. Ce dernier convoquera un comité exécutif spécial pour mandater la CSP dans cette affaire.

M. Coderre a déclaré que la surveillance qui a visé le journaliste de La Presse Patrick Lagacé « mérite qu'une analyse exhaustive des procédures et des critères appliqués par notre service de police qui mènent à l'obtention de mandats judiciaires visant les journalistes soit effectuée ».

Le directeur du SPVM, Philippe Pichet, sera entre autres appelé à témoigner dans cette affaire.

La CSP devra remettre son rapport sur la situation au comité exécutif, au conseil municipal et au conseil d'agglomération d'ici trois mois, soit le 31 janvier 2017.

Le parti Projet Montréal, qui forme l'opposition officielle à l'Hôtel de Ville, a pour sa part demandé à ce que la CSP ne siège pas à huis clos comme elle le fait actuellement. Il souhaite que la CSP procède publiquement, comme le font Toronto et Vancouver, pour effectuer cette analyse sur le SPVM.

En réagissant aux mesures prises par le gouvernement du Québec, le maire de Montréal s'est dit satisfait, notamment par la mise en place d'un comité d'experts et le resserrement des critères pour l'obtention d'un mandat de surveillance visant un journaliste.

« Nous reconnaissons tous le rôle de la liberté de presse et de la protection des sources journalistiques dans une société libre et démocratique », affirme-t-il.

M. Coderre a assuré que la Ville collaborera avec le gouvernement dans ce dossier.

Pas de démission pour Philippe Pichet

Face aux nombreuses demandes de démission visant le directeur du SPVM, notamment par la Fraternité des policiers et policières de Montréal, Philippe Pichet a rétorqué qu'il avait la légitimité pour demeurer en poste.

M. Pichet a affirmé que des vérifications étaient en cours au sein du SPVM sur la surveillance des journalistes. Il soutient avoir donné mardi matin une quinzaine de mandats à son comité de direction à ce sujet.

Le directeur du SPVM a assuré qu'il tenterait de faire la lumière sur ce qui est avancé le plus rapidement possible.

L'un de ses adjoints a d'ailleurs précisé que d'après les premières vérifications, il n'y avait pas trois journalistes qui font l'objet de surveillance, contrairement à une information qui a circulé lundi.

Philippe Pichet a assuré qu'il allait collaborer aux enquêtes de la CSP et du comité d'experts mandaté par Québec.

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