Retour

Système d'autopartage : l'appel d'intérêt de Montréal est critiqué 

Une autonomie de 150 kilomètres, un minimum de quatre places, un système compatible avec la carte Opus : les exigences de Montréal pour implanter un système de véhicules en libre-service font des mécontents, à commencer par l'entreprise car2go, qui se sent exclue d'avance.

La Ville de Montréal envisage d'ici le printemps d'avoir 250 voitures électriques en libre-service sur son territoire. Elle a donc lancé un appel d'intérêt international comportant une série de critères jugés trop « restrictifs ». 

Avec 460 voitures déjà installées en territoire montréalais, car2go soutient ne pas être en mesure de remplir les exigences de Montréal. Ses voitures, des Smarts, ont une autonomie de 109 km et comptent seulement deux places. Les voitures d'Auto-mobile (Communauto) ont une autonomie de 135 kilomètres. 

« Chose certaine, c'est très surprenant que ces critères-là soient établis, surtout quand on voit la réalité sur le terrain qui n'amène pas des exigences comme ça », plaide le directeur général de car2go, Jérémi Lavoie.

La Ville de Montréal se défend d'être inflexible. « Dans un appel d'intérêt, on met des critères de base. Avec ces critères-là, on va faire du chemin avec les entreprises qui veulent évoluer avec nous », explique le responsable des transports au comité exécutif de la Ville de Montréal, Aref Salem.

Il invite toutes les entreprises intéressées « à s'asseoir à la table ». « On va évoluer. Si chez nous, en hiver, on va avoir une autonomie de 80 km, on ira avec 80 km », illustre-t-il. Il souligne que l'autonomie exigée de 150 km était pour répondre aux besoins de citoyens plus éloignés, comme ceux de L'Île-Bizard.

Il se défend aussi de n'avoir exigé que des véhicules quatre places. Il affirme plutôt vouloir « sécuriser un nombre minimal de véhicules pour les familles ».

Bolloré favorisé, dénonce Projet Montréal 

Le conseiller de Projet Montréal, Guillaume Lavoie, n'est pas convaincu. Il voit dans cet appel d'intérêt une stratégie pour privilégier l'entreprise française Bolloré, dont le modèle BlueCar a une autonomie de 150 kilomètres.

« On a un appel d'intérêt qui semble avoir été écrit pour exclure les joueurs qui sont déjà à Montréal et pour avoir un joueur qui est déjà ailleurs. On s'en va non seulement vers la mauvaise direction, mais tout le processus semble être écrit d'avance », dénonce-t-il. 

Deux entreprises se sont déjà montrées intéressées par l'appel d'intérêt de la Ville de Montréal. Les autres ont jusqu'au 24 août pour signifier leur intérêt. À partir de cette date, l'« étude » des critères va commencer, précise M. Salem.

D'ici 2020, 1000 voitures électriques en autopartage devraient rouler à Montréal. 

Plus d'articles

Commentaires