Retour

Taxis à Montréal : le service s'améliore, mais lentement

Les inspections du Bureau du taxi de Montréal montrent que beaucoup de sensibilisation reste à faire pour que le nouveau code de conduite des chauffeurs de taxi soit respecté, notamment en ce qui concerne le code vestimentaire. 

Un texte de Jean-Sébastien Cloutier

Environ 1 chauffeur sur 10 a échoué au test du code vestimentaire depuis le 1er janvier. En vertu de la nouvelle réglementation, ils doivent « être convenablement et proprement habillés » et porter des pantalons noirs et une chemise blanche.

Sur le terrain, la tenue noire et blanche est peu respectée et le Bureau du taxi admet qu'il a surtout averti les chauffeurs qui ont l'air malpropres ou qui s'habillent de façon inappropriée, en sandales par exemple.

Ainsi, au cours de 714 inspections aléatoires, les 14 inspecteurs du Bureau ont donné 62 avertissements écrits et une seule amende pour contravention au règlement. L'amende vient généralement au deuxième avertissement. Beaucoup de sensibilisation a été faite au début de l'année.

Autres statistiques : lors de ces 714 inspections, le Bureau du taxi a distribué 23 avertissements et 5 amendes à des chauffeurs qui n'offraient pas le paiement électronique. Les taxis de Montréal ont l'obligation d'offrir ce service depuis le 15 octobre.

Par ailleurs, aucun avertissement n'a été distribué pour ne pas avoir ouvert la portière. Les chauffeurs doivent maintenant le faire à moins d'être hélés ou d'avoir un doute sur leur sécurité.

Uber et la « prise de conscience »

La situation est encore loin d'être parfaite, mais ces statistiques tendent à démontrer que le service à la clientèle qu'offrent les taxis s'améliore à Montréal.

« On sent une prise de conscience comme jamais dans l'industrie », avance Marie-Hélène Giguère, porte-parole du Bureau du taxi. Cette prise de conscience, provoquée en partie par la concurrence de l'entreprise de covoiturage commercial Uber, pousserait même de plus en plus de chauffeurs à dénoncer des collègues contrevenants qui font mal à l'image de l'industrie, selon Mme Giguère.

Malgré les nouveaux règlements, le Bureau du taxi n'a pas fait davantage d'inspections cette année que par le passé. Ses inspecteurs travaillent quatre jours par semaine et ils ont d'autres tâches, comme le suivi des plaintes et des causes en cour municipale. Toutefois, à compter de juin, les vérifications se multiplieront. Une firme externe a été embauchée pour réaliser 600 inspections aléatoires à l'aide de « clients mystères » qui évalueront le service à la clientèle.

La lutte contre Uber atteint des sommets

Alors que plusieurs attendent impatiemment le projet de loi de Québec qui doit réformer l'industrie du taxi et imposer de nouvelles règles à Uber, la lutte contre UberX, un service toujours considéré comme du transport illégal, occupe quotidiennement le Bureau du taxi. Cette lutte a un prix : quatre inspecteurs ont été engagés exclusivement pour chasser les voitures Uber, en plus de deux autres qui le font à temps partiel.

Depuis le 1er janvier, ils ont saisi 411 véhicules de chauffeurs UberX, soit 70 % déjà de toutes les saisies de l'année dernière (585 saisies). C'est donc près de 1000 chauffeurs qui ont été pris sur le fait jusqu'ici. La grande majorité a plaidé non coupable et Uber paie leur amende. Les procès pour une soixantaine d'entre eux auront lieu pendant deux jours à la fin mai en cour municipale.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine