Retour

Taylor Reid, triathlète, historien et dyslexique

L'Ontarien Taylor Reid se réveillera à 4 h dimanche matin, trois heures avant le départ du Ironman 70.3 de Mont-Tremblant. Il mangera un bol de gruau avant de se diriger sur la plage, près de la ligne de départ. Si tout se passe comme il l'entend, il franchira le fil d'arrivée un peu avant 11 h.

Un texte d’Antoine Deshaies

L’athlète de 27 ans est l’un des 29 coureurs professionnels qui prendront le départ aux aurores, tout juste avant les 28 professionnelles et les 3477 amateurs. Tous ces braves vont s’élancer pour 1,9 km de nage, 90 km de vélo et 21,1 km de course à pied.

C’est la quatrième fois que Reid participe à l’épreuve laurentienne. Il espère monter sur le podium pour la troisième fois après ses deuxièmes positions obtenues en 2017 et 2015.

« L’épreuve de Mont-Tremblant est de loin ma favorite du circuit canadien, confie Reid, sans hésiter. La foule est tellement généreuse et nombreuse, l’ambiance est agréable et ce sont les meilleures routes sur lesquelles j’ai roulé de ma vie. »

Un Ontarien qui vante la qualité de routes québécoises, voilà qui est plutôt inhabituel. D’ailleurs, Reid ne dormira pas à l’hôtel les jours précédents la course, mais plutôt chez l’habitant.

« Je trouve ça plus authentique et plus calme, explique l’athlète. Je retourne dans la même famille depuis ma deuxième année à Mont-Tremblant. On a développé une belle relation. Ils me font à manger, c’est parfait. Je suis généralement un peu difficile sur la nourriture, mais là je n’ai pas à me plaindre. »

Tout pour le mettre dans de meilleures dispositions possibles pour vaincre son rival canadien Lionel Sanders. Les deux hommes ont fait partie de la même équipe de cross country à l’Université McMaster. Reid a déjà battu Sanders à la course à pied, mais jamais au triathlon.

« On est à la fois amis et ennemis, raconte Reid. En course, on est les deux extrêmement compétitifs. Généralement, je sors de l’eau avant lui et il me rattrape en vélo où il est plus fort. On se ressemble à la course, donc mon objectif est de limiter ses gains au vélo. Je veux le défier pour la victoire, mais si je monte sur le podium, je serai bien content. »

Sanders est triple champion en titre du Ironman 70.3 de Mont-Tremblant. Il fait partie des trois meilleurs au monde de la discipline.

Le peloton de dimanche réunira la plupart des meilleurs athlètes canadiens de la discipline et quelques Américains.

Diplômé en histoire grâce au triathlon

Reid vit de son sport depuis trois ans. En septembre dernier, il a pris le 20e rang au Championnat du monde d’Ironman 70.3.

Il n’est pas admissible aux subventions de Sports Canada puisqu’il ne pratique pas une discipline olympique. Il gagne sa croûte grâce aux bourses remportées et à des commandites. Le vainqueur de la course dimanche remportera 10 000 $. Le deuxième se contentera de la moitié.

Reid espère être professionnel le plus longtemps possible. Il n’écarte pas un passage au Ironman complet d’ici deux à trois ans. Et quand sa carrière sportive sera terminée, il se tournera vers l’histoire.

« J’aime autant l’histoire que le sport, confie l’athlète. J’aime particulièrement la Grèce et l’Italie. »

Il a obtenu son diplôme universitaire non sans obstacle. Au secondaire, il a eu du mal à trouver son rythme parce qu’il souffrait de dyslexie. Il est convaincu que la pratique du sport d’élite l’a aidé à passer au travers de ses études.

« Le sport m’a servi de gouvernail, explique Reid. Je n’aurais jamais été aussi patient et acharné si je n’avais pas fait de sport. Quand j’ai compris comment travailler malgré ma dyslexie, tout a bien été. »

Ironiquement, Reid confondait beaucoup les dates dans ses lectures. Il a quand même choisi d’étudier en histoire. Peu importe les obstacles, c’était l’histoire ou rien.

Il lui reste à confondre les sceptiques et finalement devancer son rival Lionel Sanders dimanche.

Plus d'articles