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Terrains contaminés : Montréal fait face à des poursuites de 12,5 millions de dollars

La Ville de Montréal fait face à des poursuites judiciaires qui totalisent désormais plus de 12,5 millions de dollars en raison de la présence d'anciennes carrières et de dépotoirs sous des propriétés situées à proximité de parcs.

Un texte de Julie Marceau

Ces démarches judiciaires ont été entamées à la suite d’un reportage de l'émission La facture prouvant leur existence dans un rapport qui a été gardé secret pendant 22 ans.

La semaine dernière, la Ville a majoré le montant des honoraires réservés à un ingénieur géologue et à un expert en environnement en raison de « nouvelles poursuites ainsi que plusieurs pièces additionnelles qui ont dû être analysées » depuis le début de son mandat, en juillet 2016, peut-on lire dans un document de la métropole.

Ce dernier fait état de 13 poursuites qui en sont à des étapes préliminaires. Les propriétés concernées sont situées dans différents arrondissements : Plateau-Mont-Royal, Rosemont–La Petite-Patrie, Ahuntsic-Cartierville et Ville-Marie.

Un citoyen souhaite « aller jusqu'au bout »

L’entrepreneur Benoit Fortier a permis de mettre au jour toute cette histoire. Il avait acheté une résidence près du parc Baldwin pour y construire un complexe de condos.

Après avoir découvert que le sol de son terrain était contaminé et que sa bâtisse était construite dans le secteur d'un ancien dépotoir, son prêteur hypothécaire a refusé de financer la décontamination et des huissiers ont saisi sa propriété.

« On a été lésés dans nos droits, la Ville n’a pas agi en bon père de famille, il faut que quelqu’un ait une responsabilité dans ce dossier », explique-t-il.

Benoit Fortier dit garder espoir d’être dédommagé : « On va aller jusqu’au bout. S’il faut se rendre à procès, on va se rendre à procès. »

« Nous vivons avec l'épée de Damoclès que la valeur de notre maison et de notre investissement soit touchée par une information qui nous était cachée par la Ville », écrit Martin Lavallée, propriétaire d’une résidence près du parc Rosemont.

Un autre requérant, qui préfère garder l’anonymat, croit que la campagne électorale municipale pourrait avoir un impact. « J’ai toujours espoir que ça se règle. Je pense que la "game" va se jouer durant les élections, des fois la politique peut faire bouger les choses. »

« La Ville considère que sa responsabilité civile n'est pas engagée dans les dossiers en cours et, compte tenu du processus judiciaire, nous ne commenterons pas davantage ce sujet », a indiqué un relationniste de la Ville, Jules Chamberland.

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