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Thomas Bordeleau: le fils d’une célèbre famille de hockey québécoise choisit les États-Unis

BILLET - Issu d'une des familles de hockeyeurs (et d'entraîneurs) les plus connues au Québec, Thomas Bordeleau ne poursuivra pas son apprentissage au sein de la LHJMQ! Âgé de 16 ans, le fils de Sébastien Bordeleau (et petit-fils de Paulin Bordeleau) a plutôt choisi de faire le saut avec le programme national de développement des États-Unis (NTDP).

De façon générale, les recruteurs s’entendent pour dire que Thomas Bordeleau aurait été l’un des cinq premiers joueurs sélectionnés lors du prochain repêchage de la LHJMQ.

En 2016-2017, il avait percé la formation du Phénix du Collège Esther-Blondin (région de Lanaudière) de la Ligue midget AAA à seulement 14 ans. Et cette saison, le créatif centre a bouclé le calendrier au quatrième rang des marqueurs de la ligue grâce à une fiche de 26 buts et 64 points en 38 matchs.

En gros, voici à quoi ressemble le portrait familial :

Paulin Bordeleau est l’entraîneur-chef du Phénix d’Esther-Blondin depuis sept ans. Il est donc un acteur important du système de développement québécois. Après avoir joué dans la LNH (à Vancouver) et dans la défunte AMH (à Québec), le grand-père a aussi été l’entraîneur du club-école du Canadien (alors basé à Fredericton) pendant sept saisons.

Sébastien Bordeleau est le DG du Phénix, mais, surtout, il est l’un des entraîneurs spécialisés dans le développement des habiletés individuelles les plus reconnus de ce côté du continent. Le Canadien fait aussi appel à ses services depuis plusieurs années, notamment au sein de son club-école. Le paternel a porté les couleurs du Canadien et des Predators de Nashville du milieu des années 1990 jusqu’au début des années 2000. Il a ensuite poursuivi sa carrière en Europe pendant une décennie.

Thomas, lui, a vu le jour à Houston (en 2002) quand son père jouait pour la filiale du Wild du Minnesota. Le jeune Terrebonnien détient donc la double citoyenneté. Et c’est ainsi, il y a environ un mois, qu’il s’est retrouvé au camp de sélection final du programme de développement américain...

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« Je savais que des responsables du NTDP étaient venus le voir jouer en quelques occasions durant la saison, mais je n’avais aucune idée de l’évaluation qu’ils avaient faite », raconte Sébastien Bordeleau.

« Quand l’invitation pour le camp de sélection est arrivée, nous nous sommes dit qu’il s’agissait pour Thomas d’une belle occasion d’aller se mesurer aux meilleurs joueurs américains de son âge. Lorsqu’il est arrivé sur place, il ne connaissait absolument personne. Ni parmi les joueurs, ni parmi les entraîneurs. »

Il y avait 46 invités sur place et seulement 22 devaient être retenus pour faire partie de la formation des moins de 17 ans.

Après l’avoir vu à l’oeuvre pendant quelques séances d’entraînement et quelques matchs, les dirigeants du NTDP ont offert à Thomas Bordeleau une place pour les deux prochaines saisons.

« Durant tout le camp d’essai, j’entendais les gens se demander qui pouvait bien être le numéro 12 que personne n’avait vu jouer auparavant. Thomas a terminé au premier ou au second rang des marqueurs. Il a vraiment bien fait et il a démontré qu’il comprenait le jeu dans toutes les zones », raconte son père.

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Les Bordeleau ont demandé aux dirigeants du programme américain de leur accorder quelques jours pour réfléchir. Puis en rentrant à la maison, ils ont conclu que cette décision devait être celle de Thomas et qu’ils allaient l’appuyer, quelle qu’elle soit.

La famille a aussi cherché conseil auprès de spécialistes du milieu, dont Pat Brisson et André Ruel de l’agence Creative Artists Agency. Or, le responsable du développement des joueurs de CAA est l’ex-directeur du développement des joueurs des Maple Leafs de Toronto, Jim Hughes. Et le fils de ce dernier, Jack Hughes, est la vedette montante du programme de développement des États-Unis.

Âgé de 16 ans et récemment proclamé joueur par excellence du Championnat mondial des moins de 18 ans, Jack Hughes pourrait d’ailleurs être le tout premier choix au repêchage de la LNH en 2019.

Après avoir fait le tour de la question, Thomas Bordeleau a décidé d’opter pour le rêve américain. Et comme promis, son père et sa mère (qui est médecin) l’appuient sans réserve.

« Je gagne ma vie en développant des joueurs de hockey et je trouve que le programme américain a de très bons côtés. Le calendrier se limite à 50 matchs environ. Le ratio entraînements-matchs y est de 2 pour 1 ou de 3 pour 1. Aussi, les joueurs sont tous du même âge, ce qui facilite la transition », explique Sébastien Bordeleau.

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Son arrivée tardive sur le radar du programme américain fait en sorte que Thomas Bordeleau est l’un des deux seuls joueurs de sa future équipe à ne pas avoir encore pris d’engagement auprès d’une université de première division de la NCAA.

« Plusieurs universités ont rapidement démontré de l’intérêt, dont Harvard et Cornell. Nous avons déjà fait six ou sept visites, mais là, c’est assez. On va prendre un peu de recul et prendre le temps de bien faire les choses. Rien ne presse », estime le père.

On ne peut que se réjouir pour le jeune Bordeleau et souhaiter qu’il connaisse beaucoup de succès pour ainsi attirer davantage de regards sur la Ligue de développement midget AAA du Québec.

Et, surtout, on peut continuer à se demander comment il se fait que les jeunes Américains ont accès à de multiples programmes (académiques et sportifs) universitaires de qualité après leur stage junior.

Tout cela, alors qu’au Québec (malgré une fédération accueillant 100 000 joueurs) seulement trois universités, dont une seule francophone, soutiennent un programme de hockey masculin.

Nous pouvons faire mieux.

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