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Tim Wellens dompte la pluie et le Grand Prix de Montréal

Du courage, il en fallait une bonne dose pour affronter une météo exécrable et les 17 ascensions du mont Royal courues à un rythme d'enfer dimanche au Grand Prix de Montréal. Et au final des 205,7 km, après plus de cinq heures en selle, Tim Wellens a été récompensé pour sa persévérance et ses efforts.

Un texte de Manon Gilbert

Des conditions que seul un Belge pouvait apprécier.

« Je n'aime pas rouler dans la pluie, mais je roule très bien dans la pluie. Ça me donne de bonnes jambes, a affirmé le coureur de Lotto Soudal qui en était à sa quatrième présence dans la Belle Province. Tout le monde préfère rouler dans le soleil, mais ça ne me dérangeait pas de rouler sous la pluie. »

De bonnes jambes, parlez-en à Adam Yates qui a fini dans la roue du vainqueur, au 2e rang.

Les deux hommes sont sortis à environ 600 m du sommet de la dernière montée de Camillien-Houde. Pris en chasse par un petit groupe de quatre coureurs (Bakelants, Bardet, Costa et Kelderman) qui pointait à seulement 12 secondes, ils ont uni leurs efforts.

Et mieux valait travailler de concert, avec Rui Costa, champion à Montréal en 2011, dans le rétroviseur. D'ailleurs, le Portugais a remporté le sprint pour la 3e place, avec un retard de deux secondes sur les meneurs.

Plus fort, Wellens a abattu une bonne partie du boulot pour tenir les quatre poursuivants à distance. Même dans la descente de l'avenue du Parc, il dictait encore le rythme, avec Yates bien calé dans sa roue.

Le Britannique d'Orica-GreenEdge a tenté une ultime attaque dans la dernière ligne droite, le long faux plat montant jusqu'à l'arrivée sur du Parc, mais Wellens a surgi devant lui à 125 m de la ligne au moment où l'avance sur leurs poursuivants fondait à vue d'œil.

« Il était trop fort. Il a fait la plus grosse partie du travail. Je suis quand même content de ma 2e position », a déclaré le coureur de 23 ans qui a obtenu un second podium en sol québécois pour l'équipe australienne après celui de Michael Matthews vendredi dans la Vieille Capitale.

Pas la plus belle victoire de Wellens

Malgré la pluie et même les orages au 14e tour, les coureurs ont roulé à plein régime, multipliant attaque après attaque, avec pour résultat des échappées neutralisées et de nombreux abandons. Seulement 64 des 167 inscrits ont complété le parcours.

D'ailleurs, quand il a pris la poudre d'escampette, Wellens ne croyait pas se rendre jusqu'au bout. À deux reprises, il avait vu le peloton avaler son échappée.

« La course était très dure. Je n'étais pas sûre que l'on pouvait rester devant. Nous n'avions pas assez d'avance. Mais dans le dernier kilomètre, je savais que c'était bon. »

À 24 ans, Wellens a ainsi signé sa première victoire dans une course d'un jour. Un résultat qui n'a toutefois pas d'égal avec ses deux succès consécutifs en 2014 et 2015, avec deux étapes à la clé, au Tour d'Eneco. Ce succès ne lui ouvrira pas toutefois les portes pour les Championnats du monde puisqu'il a décliné l'invitation afin de mieux se préparer pour la dernière classique de la saison, le Tour de Lombardie.

La journée s'est avérée fructueuse pour Lotto-Soudal puisque le Belge Louis Vervaeke a remporté le titre de meilleur grimpeur. Vervaeke s'est glissé dans l'une des premières échappées du jour à la fin du premier tour et dans la dernière, initiée encore une fois par le Français Thomas Voeckler, très actif dimanche, qui a animé la course du 11e au 16e tours.

Abandons de Hesjedal, Houle et Boivin

L'Ontarien Michael Woods, lui, a été sacré meilleur Canadien grâce à sa 23e place, à 15 secondes du vainqueur. Woods et l'Albertain Ryan Roth, tous deux membres de l'équipe nationale, ont été les seuls des dix représentants de l'unifolié à venir à bout des 17 boucles de 12,1 km.

Ryder Hesjedal (Cannondale), 3e en 2010 et 2014, Hugo Houle (Ag2R) et Guillaume Boivin (équipe canadienne), eux, ont jeté l'éponge.

« C'est la course la plus difficile de ma vie, a laissé tomber Woods après l'épreuve. C'est plus difficile de garder sa position à l'avant du peloton quand tu fais partie de l'équipe canadienne. Les gars du WorldTour n'aiment pas ça. Donc, on se retrouve à l'arrière du peloton pour la majeure partie de la course. Je suis content d'avoir pu remonter à l'avant à la fin. »

Woods, qui vient de signer un premier contrat avec une équipe WolrdTour (Cannondale) pour 2016, et Anderson auront une autre occasion de se frotter aux grosses pointures du circuit lors des Championnats du monde qui commencent le 19 septembre à Richmond, en Virginie.

Avec Houle, Boivin et deux autres compatriotes, ils feront partie d'un contingent de six Canadiens, le plus gros à n'avoir jamais participé à la course sur toute. À l'instar de Wellens, Hesjedal a cependant préféré décliner l'invitation.

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