Le maire de l'arrondissement Rosemont-La-Petite-Patrie, François Croteau, n'en revient pas : tous les chantiers prévus par son administration en 2016 sont en retard et certains ne seront vraisemblablement pas terminés avant l'hiver. Les entrepreneurs semblent préférer payer des pénalités plutôt qu'accélérer le rythme des travaux.

Un texte de Vincent Rességuier

Une trentaine de chantiers d'une valeur d'environ 14 millions de dollars ont été planifiés cette année par l'arrondissement. Les retards estimés sont en moyenne de 15 jours et peuvent aller jusqu'à un mois.

Les entrepreneurs payent systématiquement une pénalité de 500 $ par jour de retard, et certains reçoivent des amendes sur plusieurs chantiers en cours. Une situation qui est loin de les décourager, déplore l'élu de Projet Montréal, qui les accuse de ne pas avoir « le souci de terminer les travaux dans les délais requis ».

M. Croteau assure que c'est la première fois depuis qu'il a été élu, en 2009, qu'une telle situation se produit. Il pense qu'une des causes pourrait être la surcharge de travail de certains entrepreneurs qui ont obtenu de nombreux contrats.

« Les citoyens subissent les conséquences, on a l'impression d'être pris en otage », regrette-t-il. « Lorsqu'on se retrouve avec deux mois et demi de chantiers devant sa résidence, c'est inacceptable. »

De son côté, le conseiller municipal Marc-André Gadoury, membre de l'équipe Coderre, estime que l'administration Croteau est responsable de la situation. Sur sa page Facebook, il juge que « les chantiers de Rosemont-La Petite-Patrie sont mal gérés ».

Les appels d'offres sont lancés trop tard », poursuit M. Gadoury. « La réfection routière, c'est du sérieux, pas un banc d'essai pour faire des communiqués de presse. De la part de l'arrondissement, je m'excuse pour tous les inconvénients que doivent subir les citoyens ».

Selon François Croteau, plusieurs arrondissements vivent le même problème. Il souhaite donc revoir la réglementation entourant le respect des échéanciers pour adopter des mesures plus contraignantes. Il invite le gouvernement du Québec à s'engager dans le dossier.

Comme piste de réflexion, il évoque par exemple la remise en question de la sélection systématique du plus bas soumissionnaire dans l'obtention des contrats. Il propose aussi de pénaliser les entrepreneurs habitués aux retards lors de l'attribution de nouveaux contrats.

Dans l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal, l'année 2016 a été plus calme que la précédente en ce qui concerne les chantiers menés par la ville-centre; 2015 avait été catastrophique avec les travaux interminables sur la rue Rachel et le boulevard Saint-Joseph.

Cette année, l'énorme chantier de la rue St-Denis, dont tout le monde redoutait les conséquences, a été bouclé avec un mois d'avance. L'attaché politique de l'arrondissement, Sébastien Parent-Durand, évoque quelques retards sur d'autres chantiers, mais rien de catastrophique, selon lui.

Le phénomène soulevé par le maire Croteau est cependant « bien réel », estime M. Parent-Durand. Il montre du doigt les entrepreneurs qui acceptent trop de contrats et qui doivent suspendre ponctuellement les activités sur certains chantiers.

Dans Verdun, entre 80 % à 90 % des chantiers gérés par l'arrondissement respectent les délais prévus, ce qui est comparable à la situation constatée ces dernières années, selon la direction des projets d'infrastructure et du génie municipal. 

Dans l'arrondissement du Sud-Ouest, aucun retard n'est à déplorer cette année, ce qui constitue une aubaine pour un secteur touché par les gigantesques chantiers de l'échangeur Turcot, du nouveau pont Champlain et de l'autoroute Bonaventure.

Selon Marie Otis, directrice de cabinet du maire Benoit Dorais, la situation s'est améliorée depuis quelques années.

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