À lire tout ce qui s'est écrit sur la toile samedi soir pendant et après le match du CH, la bipolarité et le cynisme des partisans étaient au rendez-vous et le seront encore tout l'été.

C’est facile à dire aujourd'hui, mais pensiez-vous vraiment que le Tricolore était bâti pour veiller tard?

Que Gary Bettman aurait remis la coupe à Max Pacioretty à la mi-juin?

Voyons! Nous sommes un peuple qui connaît le hockey et qui possède un QI au-delà de la moyenne sur la planète hockey.

Pourquoi l’amateur-partisan se laisse-t-il prendre au jeu chaque année pour ensuite vouloir congédier tous ceux qui portent le bleu-blanc-rouge?

Plusieurs pseudo-analystes de salon et même de différents médias prévoyaient un minimum de trois tours au Canadien. Ceux-là ont certainement fait descendre ce fameux QI dont je parlais plus haut…

Peut-être avec une analyse juste et éclairée, certains éviteraient de se ridiculiser et vivraient plus paisiblement en acceptant ludiquement les séries de la LNH. Mais qui suis-je pour donner des conseils?

« Moi, je les mettrais tous dehors », a écrit un savant sur les réseaux sociaux

À qui la faute?

Carey Price n'a pas volé de match, j'en conviens, mais est-ce une raison pour dire qu'il n'est pas un gagnant ou un des meilleurs dans sa profession et que Marc Bergevin devrait maintenant tester sa valeur sur le marché avant qu'il lève les feutres à la fin de son contrat en 2018?

Si je me mets dans les patins de Carey et que je lis tout ce qui se dit à mon sujet, je sors la carte de la LNH ainsi que la composition de chaque équipe pour voir qui serait prêt à accueillir un gardien de but perdant et incapable de faire les arrêts clés (c’est ce que plusieurs ont dit).

Vous seriez surpris de voir combien d’équipes feraient la file. J'y vais de manière prudente : 31.

Comment peut-on lui faire porter l'odieux de la débandade avec des chiffres comme ceux-là : moyenne de 1,86 but accordé par match et taux d’efficacité de ,933 (ça le place au 3e rang chez les gardiens ayant joué six matchs)?

Capitaine « cool »

Le capitaine a eu le pire don qu'un joueur de hockey peut recevoir : l'habileté de marquer des buts. C’est le boulot le plus difficile et complexe dans la LNH.

Max Pacioretty est jugé seulement sur le nombre de buts qu’il marque.

Qu'il ait été celui qui a eu le plus de tirs dans les séries, toutes équipes confondues (après le match de samedi), un des joueurs ayant obtenu le plus de chances de marquer dans son équipe ou même le premier en récupération de rondelle, ce n'est pas assez.

Combien en a-t-il marqué? Un gros « 0 », alors c'est un échec.

Être un meneur d'hommes vient avec son lot de pression et de responsabilités.

Celui qu'on a désigné du côté du CH est Max Pacioretty. On ne demande pas à être meneur, nos pairs nous choisissent, qu'on le veuille ou non.

On a toujours le pouvoir de refuser un tel titre, mais ce serait l'insulte suprême envers ceux qui t'ont nommé porteur du valeureux drapeau.

Porter le drapeau est un honneur, cela signifie que tu es un homme courageux, loyal, respectueux et très apprécié. Par contre, cette responsabilité est lourde et dévastatrice à certains moments.

À l'époque de la guerre de Sécession aux États-Unis, celui qui portait le drapeau était vu comme un soldat courageux qui n'avait pas peur du danger et qui se tenait devant le peloton. Devinez qui était le premier criblé de balles. Eh oui, le porte-drapeau.

« Avec P.K., le Canadien aurait gagné »

Pouvez-vous sincèrement me dire sans rire que Shea Weber a quelque chose à se reprocher dans cette série?

Il a mené sur le plan physique, au chapitre des tirs, des tirs bloqués et de la production offensive chez les défenseurs. Il s'est même battu, ce qui a changé le ton du deuxième match, tout en étant un des rares de son équipe à finir avec un différentiel positif.

Le problème, c'est que peu de ses coéquipiers l'ont suivi, ou étaient capables de le faire.

J'ai aimé le courage de Byron et même de Gallagher, mais avaient-ils les capacités pour ralentir l'adversaire et gagner leurs combats le long des rampes? Pourtant, ils ont suivi Weber sur le plan physique, mais sans résultat.

Marc Bergevin devra se pencher sur cette question.

Où était la stabilité?

Dans mon billet du 20 mars, je prônais la stabilité en la posant comme gage de succès. Je me disais qu'à trois semaines des séries, le temps était propice à la créer. Or, nous avons été témoins du contraire.

Il y a eu tellement de changement de trios, en défense et en avantage numérique que je ne sais plus par où commencer.

Claude Julien connaissait-il mal ses effectifs? Lui seul le sait.

Nous avons tous vu la même chose.

Flynn était encore sur la glace à la fin du sixième match, alors que Claude Julien a refusé catégoriquement de couper son banc, et tout au long de la série.

Flynn, qui avait joué seulement trois matchs depuis le 28 février, sans point depuis le 14 janvier, devant Martinsen pour un match d'une importance capitale? McCarron aurait pu jouer au centre du troisième trio avant Flynn.

Galchenyuk, qui n'est pas assez responsable pour jouer au centre, prend la mise au jeu la plus importante du match?

Davidson qui remplace Weber en avantage numérique?

Le CH a un avantage numérique avec 11 minutes à faire en troisième période et joue sa survie avec Pacioretty et Radulov sur le banc?

Et j'en passe.

Tout cela dans un match sans lendemain. Encore une fois, seul Julien pourra répondre à ces questions qui, à mon sens, sont un non-sens.

Mais qui suis-je, encore une fois, pour dire à un entraîneur gagnant de la Coupe Stanley comment faire son travail?

À mon humble avis, le Tricolore n'était aucunement bâti pour les séries, même avec l'arrivée de plus d'une tonne de livres à la date limite des échanges. Cette équipe a littéralement cassé. Pas par manque d'effort, mais bien par manque de résistance.

Il n'est pas vrai que les Rangers ont mieux joué en défense que le CH. Les « Blue Shirts » ont su saisir leurs chances, avec l'aide de quelques ratées dans le jeu défensif du Canadien, et ont marqué trois buts de plus, dont deux dans un filet désert.

Donc, Carey Price a donné seulement un petit but de plus que le « roi » Lundqvist.

Voilà une preuve que la ligne est très mince entre le succès et la catastrophe. Malgré tout cela, nous sommes prêts à les jeter tous aux ordures.

Misère…

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