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Train de passagers Sherbrooke-Montréal : le promoteur à la recherche d'appuis gouvernementaux

Le promoteur du train de passagers entre Sherbrooke et Montréal, l'ex-député à l'Assemblée nationale François Rebello, est à la recherche d'appuis financiers de la part des gouvernements pour son projet évalué à 90 millions de dollars, dont 38 millions proviendraient du privé.

Un texte de Dominic Brassard

Une heure et 45 minutes. C'est le temps estimé pour parcourir en train la distance séparant Sherbrooke à la gare centrale de Montréal, en effectuant des arrêts aux centres-villes de Magog, Bromont, Farnham et St-Jean-sur-Richelieu. Le rail qui permettrait au train de circuler existe déjà, mais il doit être rénové.

Pour François Rebello, un tel projet aurait un effet certain sur la revitalisation des centres-villes. « Si, au centre-ville de Farnham, on a un train qui va à Montréal tous les jours, c'est évident que les maisons vont gagner de la valeur de façon importante », cite-t-il en exemple.

« Et au-delà de la valeur immobilière, ajoute le promoteur, il y a la valeur commerciale. S'il y a 200-300 personnes qui passent tous les jours pour prendre le train, ça devient alors des gens qui vont chercher des services dans les centres-villes. »

L'enquête réalisée dans le cadre de ce projet montre qu'environ 2300 personnes pourraient utiliser ce moyen de transport chaque jour.

Bromont

Tout ça est de la musique aux oreilles du président de Bromont, Montagne d'expériences et d'Immobilier Bromont, Charles Désourdy. « La nouvelle génération ne veut pas d'auto, mais veut faire du transport en commun. [...] Je pense que c'est l'avenir! »

L'homme d'affaires croit aussi qu'un train de passagers qui s'arrêterait à Bromont permettrait de développer de nouveaux quartiers résidentiels. « Si je mets mon chapeau de développeur, on a un terrain de trois millions de pieds carrés tout près du site où ils veulent faire la gare... », avoue-t-il.

Pour le maire de Bromont, Louis Villeneuve, ce projet générerait certainement des retombées économiques. « Nous sommes une ville touristique, dit-il. Une voie ferrée, c'est un moteur économique et on doit essayer de voir, à tout le moins, jusqu'où on peut aller dans un projet comme ça. »

Le maire ajoute que ce train offrirait une alternative de transport aux citoyens de Bromont qui travaillent à Montréal. « On a plusieurs citoyens qui prennent l'autobus. Donc il y a des gens qui seraient intéressés d'y aller par train. »

St-Jean-sur-Richelieu

De son côté, la Ville de St-Jean-sur-Richelieu n'est pas contre l'idée d'un train, mais ses élus ont choisi de ne pas investir dans le projet pour le moment. « Nous, on parlait d'un investissement de plus d'un million de dollars sur 10 ans », précise le maire suppléant, Justin Bessette.

Selon lui, la Ville a déjà un service d'autobus très efficace qui se rend à Montréal. « Le matin, l'autobus part à toutes les trois minutes. Nous sommes quand même bien desservis », lance-t-il. En comparaison, il considère que l'autobus répond mieux aux besoins de la population que le train, qui se limiterait à cinq passages par jour vers Montréal.

Sur la bonne voie

Le promoteur, François Rebello, reste convaincu que le projet est sur la bonne voie. S'il obtient les appuis financiers nécessaires des gouvernements, le train pourrait être sur les rails dans deux ans. L'homme d'affaires croit que les élections provinciales et fédérales à venir peuvent faciliter les choses.

Et ses ambitions pour le train ne s'arrêtent pas là. Lorsque la liaison Sherbrooke-Montréal sera établie, il souhaite la prolonger en territoire américain, pour se rendre jusqu'à Boston.

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