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Trampoline : Sophiane Méthot a chassé ses démons et regarde vers Tokyo

La victoire de Sophiane Méthot le week-end dernier aux Championnats canadiens de trampoline est l'histoire d'une athlète résiliente. Après avoir surmonté un important blocage psychologique, la Québécoise se sent plus forte à l'approche de la période de qualification olympique.

Un texte d'Alexandra Piché

Il y a à peine trois mois, Sophiane Méthot n’arrivait même plus à exécuter un saut d’appel, la manœuvre de base du trampoline, celle qui permet aux athlètes de gagner assez de hauteur pour se lancer dans des figures plus complexes.

« Ça arrive même aux meilleurs de notre sport de vivre des périodes de blocage mental. Le trampoline est périlleux. C’est difficile à expliquer, mais dans ces moments, ton cerveau te fait faire des mouvements que tu ne veux pas. Tu développes un mauvais patron moteur et tu n’arrives plus à faire des choses que tu as toujours faites. C’est incontrôlable », explique Méthot.

C’était la quatrième fois de sa carrière que la jeune femme de 19 ans devait surmonter pareille difficulté. Avec l’aide de spécialistes, elle a mis un mois à sortir de cette zone qui l’empêchait de s’entraîner comme elle le désirait.

« C’est difficile, parce que tu te retrouves avec tes angoisses et personne ne peut vraiment comprendre ce que tu vis. Ça se passe dans ta tête et ça affecte tes capacités physiques », dit la trampoliniste.

Sophianne Méthot a réussi à se sortir de sa torpeur, mais elle arrive encore mal à s’expliquer ce qui a pu déclencher ce blocage.

« Je n’ai pas d’élément déclencheur en tête. Il n’y a pas d’événement en particulier. En y pensant, je dirais que c’est le doute. Ça prend 1 % de doute pour l’emporter sur ton 99 % de confiance. Tu te fais des scénarios dans ta tête et tu commences à y croire. »

Une chose est sûre dans sa tête: le travail qu’elle a fait pour surmonter cette épreuve l'a rendue plus forte.

Objectif Tokyo 2020

Les Jeux olympiques de Tokyo ne se tiendront que dans deux ans, mais les trampolinistes canadiennes pensent déjà au processus de qualification. À 19 ans, Sophiane Méthot a prouvé qu’elle est une sérieuse candidate pour représenter son pays à ce rendez-vous.

« Tranquillement, je pense que je me rapproche de ce niveau-là. Je vise 2020, mais si jamais il se passe quelque chose d'incontrôlable et que je ne peux pas y aller, je vais continuer à m’entraîner pour 2024 », affirme celle qui a été la première Québécoise à monter sur le podium des Championnats du monde, en 2017.

Les Championnats canadiens étaient l’une des trois compétitions nationales permettant aux athlètes d’assurer leur place au sein de l’équipe nationale pour la saison à venir, celle qui marquera le début du processus de sélection olympique. Dès janvier 2019, les Coupes du monde permettront au pays d'amasser des points pour qualifier des places pour Tokyo.

« Il y a beaucoup de Coupes du monde qui s’en viennent et qui font partie du processus de sélection olympique. Pour y participer, il faut être sur l’équipe nationale cette année, donc faire partie des quatre meilleures », explique Méthot.

Grâce à son titre de championne canadienne, l’athlète de La Prairie devrait compter parmi les représentantes du pays en Coupe du monde cette année. Sa coéquipière au club Virtuose Sarah Milette est aussi en bonne position. Elle avait remporté la Coupe Canada en avril dernier, l’une des trois compétitions comptabilisées dans le classement canadien.

« L’objectif sera d’essayer de qualifier deux places pour le pays aux prochains Jeux », dit Méthot.

À Rio, en 2016, Rosie MacLennan était la seule représentante du Canada en trampoline du côté féminin. Septième des derniers Championnats canadiens, la double championne olympique n’a pas connu de bons résultats sur la scène nationale cette année.

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