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Transports collectifs : l'est de Montréal ne doit pas être oublié, plaide le PQ

Alors que la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) vient d'annoncer un projet de système léger sur rail (SLR) électrique sur la moitié de l'île de Montréal, le Parti québécois est monté au front pour réclamer une chose : que les citoyens de l'est de l'île aient eux aussi accès à l'offre globale de transports collectifs. Le Parti libéral, lui, se fait rassurant.

Ce que la Caisse a qualifié, vendredi dernier, de projet le plus important des 50 dernières années en transport en commun à Montréal prévoit la construction de 24 stations réparties sur 67 kilomètres de rails dans des municipalités déjà desservies, pour plusieurs d'entre elles, par une offre de service ferroviaire : toutes dans le centre et dans l'ouest de l'île.

Une particularité géographique qui préoccupe le Parti québécois, d'autant plus que l'est de l'île est pour sa part mal desservi.

Si la porte-parole de l'opposition officielle en matière de Transports, Martine Ouellet, et ses collègues de la région montréalaise n'ont pas exprimé une opposition formelle au projet de SLR, ils ont tour à tour réclamé un « équilibre ».

Parlant d'un « très grand projet » et d'une « agréable surprise » quant à son ampleur », le député de Rosemont, Jean-François Lisée, a cependant exprimé des doutes sur le tracé, demandant même si une extension dans l'est serait envisageable.

Prolongement de la ligne bleue du métro, service rapide par bus sur le boulevard Pie-IX - un « serpent de mer dont on ne voit jamais le bout » -, voies réservées sur Notre-Dame est : les projets ciblant l'est de l'île prennent du temps à se concrétiser, a martelé Jean-François Lisée.

Alors que le nouveau projet de SLR, élaboré en une douzaine de mois à peine, est déjà assorti d'un budget - 5,5 milliards de dollars - et d'un échéancier - 2020 - ce n'est toujours pas le cas pour le prolongement de la ligne bleue du métro, a-t-il souligné. Or, autant lui que ses collègues veulent s'assurer que ce projet qui desservirait l'est de l'île restera une priorité.

« Et la question se pose : est-ce que ce qui était une priorité pour le financement de Québec et d'Ottawa - qui était la ligne bleue jusqu'à la semaine dernière - n'est plus la priorité parce qu'il y a un besoin de financement pour le nouveau réseau de la Caisse de dépôt? », a demandé M. Lisée.

Le bloquiste Mario Beaulieu, député fédéral de la Pointe-de-l'île, a joint sa voix à celle des élus péquistes, demandant ce que le gouvernement fédéral considérerait dorénavant comme prioritaire.

Le PLQ se veut rassurant pour l'est de Montréal

Le prolongement de la ligne bleue et le SLR ne s'excluent pas, a affirmé le ministre des Transports et de l'Électrification des transports du Québec, Jacques Daoust, interviewé par Radio-Canada. « Les équilibres budgétaires étant rétablis au gouvernement du Québec, il n'y a aucun problème à travailler sur ces deux chantiers-là », a-t-il soutenu.

La ligne bleue, dont le prolongement vers l'est est estimé à 3,5 milliards de dollars, demeure une priorité pour le gouvernement Couillard, insiste-t-il, même si aucun échéancier n'a encore été établi.

Soulignant que Québec est en pourparlers avec le fédéral, il dit attendre une réponse du gouvernement fédéral pour le partage des coûts, qui pourraient être divisés équitablement, mais ce n'est pas certain.

« Il ne devrait pas être trop compliqué d'avoir la confirmation que le gouvernement fédéral sera avec nous pour la mise en place de la ligne bleue, a poursuivi le ministre Daoust. La ligne bleue : priorité du gouvernement du Québec, priorité pour la Ville de Montréal et on va faire en sorte que ce soit une priorié aussi pour le gouvernement fédéral. »

Ce n'est pas parce qu'on y va dans un premier temps du côté de l'ouest de l'île qu'on a pour autant oublié l'est, s'est pour sa part défendu le premier ministre Philippe Couillard, en marge d'un forum sur l'industrie aéronautique à Montréal.

Il aimerait d'ailleurs que ces différents projets soient pris en compte par le programme d'investissements dans les infrastructures du gouvernement fédéral.

« Moi, j'ai l'intention d'interpeller M. [Justin] Trudeau et de converser avec lui sur nos trois grandes priorités de transports en commun : le projet de la Caisse, la ligne bleue vers l'est de Montréal et le projet du SRB [service rapide par bus] à Québec », a-t-il déclaré.

Il a par ailleurs estimé réalisable l'échéancier de 2020 avancé par la CDPQ, concédant toutefois que son gouvernement devrait se mettre en « mode exécution », par exemple en ce qui a trait à l'analyse environnementale du projet. Un projet, a-t-il dit, qui permettrait à la population de se remettre à rêver à de grands projets.

M. Couillard a refusé de s'avancer sur la répartition des sommes à injecter par les deux paliers de gouvernement : la Caisse prévoit investir 3 milliards de dollars, le reste des 5,5 milliards devant provenir de Québec et d'Ottawa.

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