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Trois scientifiques indépendants désignés pour analyser le projet de déversement

La ministre fédérale de l'Environnement, Leona Aglukkaq, annonce la mise sur pied d'un groupe formé de trois experts scientifiques indépendants qui devra examiner le plan de la Ville de Montréal de déverser huit milliards de litres d'eaux d'égout brutes dans le fleuve Saint-Laurent.

Le groupe de travail sera formé de Robert Hausler, du Département de génie de la construction à l'École de technologie supérieure, de Viviane Yargeau, professeur de génie chimique à l'Université McGill et de Daniel G. Cyr, professeur spécialisé en toxicologie et en biologie cellulaire à au Centre INRS-Institut Frappier, qui est affilié au réseau de l'Université du Québec.

Ils devront déterminer les risques environnementaux de l'opération et si « d'autres paramètres » doivent être considérés par la Ville dans son analyse sur la qualité de l'eau. Les spécialistes se prononceront également sur la possibilité de trouver une autre solution au déversement.

La ministre réitère que la Ville n'a pas fait d'études sur les impacts environnementaux de son opération, ce que réfute depuis plusieurs jours le maire de Montréal, Denis Coderre. Il affirme plutôt que son administration est victime d'un jeu politique du gouvernement fédéral qui souhaite faire du déversement un enjeu électoral.

Vendredi, la ministre avait interdit à Montréal de procéder au déversement avant le 3 novembre 2015 « afin de permettre un examen scientifique des documents et renseignements ».

La veille, M. Coderre avait déclaré que si une décision n'était pas prise d'ici le 23 octobre, il pourrait y avoir des conséquences et des « problèmes sérieux », dont des bris. Il a répété que les experts de la Ville de Montréal étaient hautement qualifiés, les décrivant comme les « meilleurs techniciens en traitement des eaux usées ».

La Ville prévoyait initialement de rejeter ses eaux usées dans le Saint-Laurent, entre le 18 et le 30 octobre, le temps de déplacer la chute d'un méga-égout du sud de la municipalité afin que les travaux d'abaissement de la structure de l'autoroute Bonaventure puissent aller de l'avant.

Au niveau provincial, le 8 octobre dernier, le ministère du Développement durable avait conclu qu'après avoir analysé le dossier présenté par la Ville de Montréal, la solution proposée n'était pas idéale, mais qu'elle était « la meilleure dans les circonstances, pour éviter notamment qu'il y ait des impacts sur l'exploitation de la station d'épuration des eaux usées de Montréal ».

101 municipalités québécoises déversent leurs eaux usées dans les rivières

Montréal n'est pas la seule ville à devoir déverser ses eaux usées dans le Saint-Laurent. Au total, 101 municipalités québécoises rejettent en permanence leurs égouts dans la nature, sans traitement ni filtration.

Certaines d'entre elles n'ont pas encore terminé la mise aux normes de leur réseau d'eau potable. Cette situation s'explique notamment par le fait que cela représente pour plusieurs des coûts importants. « Ces municipalités-là sont souvent de petites municipalités qui ont moins d'habitants et un plus grand territoire. C'est-à-dire que les coûts deviennent souvent très chers », explique la présidente d'Eau secours, Martine Chatelain.

Mais c'est aussi une question de priorités puisque « ce n'est pas aussi glamour de s'occuper de tuyaux et d'égouts que de s'occuper d'avoir un aréna ou une bibliothèque », fait valoir Mme Chatelain.

Les localités qui possèdent un réseau d'égouts ont jusqu'à la fin de cette année pour déposer un plan d'action, et jusqu'au 31 décembre 2020 pour aménager une station d'épuration.

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