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Trois visages de la danse contemporaine à Montréal

Malgré les difficultés financières, l'univers de la danse contemporaine à Montréal bouillonne de créativité. Incursion dans ce milieu longtemps reconnu comme la Mecque de la nouvelle danse.

Un texte de Michel Labrecque à Désautels le dimanche

Montréal est-elle toujours la plaque tournante de la danse contemporaine? Certains en doutent, surtout depuis la disparition récente de la prestigieuse La La La Human Steps d'Édouard Lock.

Il y a 35 ans, Édouard Lock et d'autres créateurs comme Ginette Laurin, Marie Chouinard, Jean-Pierre Perrault, Margie Gillis et Paul-André Fortier ont révolutionné le langage de la danse.

Aujourd'hui, Montréal fabrique beaucoup plus de danseurs et de chorégraphes que dans les années 80, grâce aux universités et aux écoles spécialisées. Il y a de nouvelles salles, et on attend pour bientôt un immense complexe de danse dans le Quartier des spectacles.

Il y a plus de joueurs et d'infrastructures, mais les subventions fédérales et provinciales n'ont pas suivi, et le financement privé est dur à trouver. Malgré les difficultés, on trouve ici une danse plus que jamais diversifiée et ouverte à d'autres formes d'arts. Certains disent qu'après une période un peu plus calme, il y a une créativité, une rage de danser, de nouveaux langages.

Voici trois portraits de la danse contemporaine à Montréal.

1. GINETTE LAURIN

Ginette Laurin et Daniel Soulières. Photo : Nicolas Ruel

Ginette Laurin est l'une des créatrices les plus importantes de la danse québécoise. Elle a redéfini la danse avec ses duos improbables, ses mouvements de sauts et de chutes audacieux.

Il y a 30 ans, elle fondait O Vertigo, une compagnie phare qui s'est promenée partout sur la planète. « C'est vrai qu'il y a eu une explosion dans les années 80. Et enfin, les gouvernements ont trouvé le moyen de nous supporter. Nous avons développé un langage du corps spécifiquement québécois », dit-elle.

« Je pense qu'aujourd'hui, on vit un peu ce qu'on a vécu à l'époque », ajoute-t-elle.

En ce moment, Ginette Laurin est aussi à un croisement dans sa vie professionnelle. Elle nous a confirmé qu'elle va bientôt quitter O Vertigo. Pourquoi? « Parce que j'en ai assez de passer trop de temps comme gestionnaire, à chercher des fonds privés. »

Elle compte se concentrer sur la création. Et dans un premier temps, ce sera à l'étranger, où elle est déjà attendue. Un peu à l'instar d'Édouard Lock. Elle espère qu'O Vertigo survivra à son départ, sous un modèle encore à inventer.

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2. VIRGINIE BRUNELLE

Virginie Brunelle. Photo : Agora de la danse

Virginie Brunelle a 33 ans, elle est chorégraphe et elle fait beaucoup parler d'elle dans le milieu. Une danse parfois crue, sexuelle, mais surtout, dit-elle, « centrée sur l'être humain ».

Il y a une tendance dans sa génération vers les croisements artistiques, comme danse et vidéo, théâtre, etc. Virginie Brunelle se concentre encore sur la danse.

Elle reconnaît que la situation financière est difficile pour tout le monde. Malgré les problèmes de subventions, elle a sa compagnie et parvient à tourner à l'étranger. Mais il faut travailler très très fort.

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3. CATHERINE GAUDET

Catherine Gaudet et Louise Bédard. Photo : ICI Radio-Canada/Michel Labrecque

Catherine Gaudet est chorégraphe, après avoir été d'abord danseuse. Une autre créatrice dont on dit beaucoup de bien.

Elle voue une grande admiration pour la génération qui l'a précédée. « Des vrais défricheurs », dit-elle. En même temps, elle apprécie le contexte multidisciplinaire d'aujourd'hui. « C'est très riche, l'opportunité qu'on a de travailler avec des gens de théâtre, des vidéastes, des réalisateurs. »

Par contre, elle a toujours l'impression de vivre avec moins. « Le financement n'a pas suivi ce foisonnement. » Autre constatation : le contexte financier l'empêche de voir grand.

Elle aimerait évidemment concevoir des créations plus ambitieuses. Voilà pourquoi il est bien difficile de parler de la danse sans que les problèmes financiers reviennent systématiquement.

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