BILLET - Si on juge de la santé d'un sport par le développement de la relève, le tennis canadien est en pleine émergence chez les hommes.

Un texte de Guy D'Aoust

Trois jeunes joueurs ont atteint les quarts de finale aux Internationaux de France. Au moment d'écrire ces lignes, deux d'entre eux viennent de franchir un pas de plus et seront des demi-finales. Et attention! On est à Roland Garros, un tournoi du grand chelem!

Vous les connaissez peu. Ou pas. Le Québécois Felix Auger-Aliassime est le plus jeune. Il n'a que 15 ans.
Avec son 5e rang mondial (chez les juniors) l'Ontarien Denis Shapovalov est le mieux classé.
Et puis il y a aussi Benjamin Sigouin, de la Colombie Britannique.

Ils sont tous les trois très prometteurs, mais il faudra attendre un peu avant de les imaginer au sommet, chez les grands.

Habileté

Pour l'instant, leur habileté leur permet de prendre place parmi l'élite mondiale. Malheureusement, chez les hommes, cette habileté n'est pas suffisante. À mesure qu'ils vieilliront, elle sera un élément essentiel mais insuffisant. La puissance prendra de plus en plus de place.

Milos Raonic est un bon exemple de l'importance de la puissance pour un professionnel. Son service de feu constitue son pain et son beurre. Quand sa première balle de service passe, il est pratiquement invincible. Vous le verrez souvent gagner en deux manches de 7-6. Il remporte tous ses services, est incapable de briser celui de son rival mais finit par lui arracher juste assez de points pour l'emporter au bris d'égalité.

Rappelez-vous Peliwo

En 2012, le jeune Filip Peliwo de la Colombie-Britannique, a atteint toutes les finales des tournois du Grand Chelem et il en a gagné deux : Wimbledon et les Internationaux des États-Unis. On criait déjà au prodige.


Quatre ans plus tard, Peliwo trime dur dans des tournois satellites et il faut aller jusqu'au 433e rang du classement mondial de l'ATP pour trouver son nom. Peliwo fait 1m80 et à peine 70 kilos. Il est toujours aussi habile mais joue désormais contre des joueurs qui sont dotés d'un bazooka au service et qui le surpassent pour la puissance du revers et du coup droit.

La puissance

La puissance est un atout incontournable pour se tailler une place parmi les meilleurs. Vous me direz que Novak Djokovic et Rafael Nadal ne sont pas les plus puissants. C'est vrai. La qualité de leur jeu est leur arme de prédilection. Mais ils sont loin de manquer de puissance.

Tout ça n'est peut-être pas dans le meilleur intérêt du tennis. Par exemple, un match Raonic-Isner, une journée où les deux joueurs possèdent parfaitement leur service, risque d'être d'un ennui mortel. C'est à peine si on verra dix échanges par manche.
On devrait peut-être ressortir les raquettes de Bjorn Borg...

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