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Trudeau et Couillard au défilé de la fierté à Montréal

Le premier ministre Justin Trudeau a pris part dimanche à son troisième défilé de la fierté gaie depuis qu'il a été porté au pouvoir, cette fois à Montréal.

Plusieurs politiciens québécois, notamment le premier ministre de la province, Philippe Couillard, et le maire de Montréal, Denis Coderre, étaient également présents.

Justin Trudeau a été accueilli par les applaudissements et les cris nourris de milliers de citoyens.

Il a ensuite ouvert la marche qui débutait sur le boulevard René-Lévesque pour rejoindre l'extrémité est du village gai. Quelque 6000 participants, dont des danseurs et des musiciens dans des costumes colorés, ont déambulé le long du parcours. Ils étaient accompagnés d'une centaine de chars allégoriques.

Des élus de tous les partis politiques ont accepté l'invitation des organisateurs d'y participer, ce qui témoigne, selon eux, de leur solidarité quant à l'acceptation sociale des communautés LGBTQ.

M. Trudeau a souligné l'importance de la solidarité de la classe politique avec la communauté LGBTQ, saluant la présence de deux députés du Parti conservateur du Canada et de plusieurs élus du NPD, dont leur chef, Thomas Mulcair.

Il a ajouté qu'il était fier que le Canada soit un modèle en matière de droits LGBTQ, mais que le travail n'est pas fini. « Il y a toujours [plus de] travail à faire, d'autres droits à reconnaître. [...] On va continuer de travailler ensemble », a affirmé le premier ministre, en rappelant qu'Ottawa planche sur un projet de loi pour enrayer la discrimination sur la base de l'identité de genre.

Cette apparition du premier ministre fédéral survient alors qu'il a manifesté à plusieurs occasions son intention de s'excuser auprès de la communauté LGBTQ pour les erreurs du passé. Il reconnaîtrait par ce geste que l'État a été complice de la discrimination vécue par la communauté gaie.

Justin Trudeau avait aussi participé aux défilés de Toronto et de Vancouver. C'est la première fois qu'un chef de gouvernement ou d'État du G7 s'affiche dans les défilés LGBTQ.

« On a vécu neuf ans dans un gouvernement conservateur et on n'abordait pas du tout la question des personnes LGBTQ. C'est un vent de fraîcheur », a dit le président fondateur de Fierté Montréal, Éric Pineault.

L'événement a attiré une foule record de 302 000 personnes, dimanche, selon les organisateurs du défilé.

Solidarité devant la haine

Un appel à l'unité et à la solidarité a été lancé par la coprésidente d'honneur de l'événement, l'actrice américaine Raven-Symoné. « Nous sommes fiers de toutes les lettres de l'alphabet », a-t-elle déclaré, faisant référence à l'acronyme LGBTQ.

Un moment de silence a été observé au départ du défilé, à la mémoire des victimes de la tuerie d'Orlando, en Floride, en juin dernier. 

Une banderole portant le nom des 49 victimes de la tuerie survenue le 12 juin dans une boîte de nuit gaie était aussi du cortège.

« La tuerie d'Orlando a été un moment sombre, il faut dénoncer ces gestes au quotidien », a déclaré la ministre provinciale de la Justice Stéphanie Vallée, responsable du dossier de l'homophobie. « Nous devons, dans tous les pays, lutter contre l'homophobie, la transphobie et contre l'allergie à la diversité », a-t-elle ajouté.

Une semaine toujours essentielle

La semaine de la fierté est toujours nécessaire, malgré les progrès importants réalisés pour la reconnaissance de la communauté LGBTQ au Québec ces dernières années.

« La fierté avant tout c'est politique, ce n'est pas seulement un party », ajoute M. Pineault.

Un point de vue partagé par le maire de Montréal, Denis Coderre. « C'est une célébration, mais c'est aussi une occasion de dire qu'il y a encore des droits à aller chercher », a-t-il expliqué.

La députée de Québec solidaire Manon Massé affirme que plusieurs préjugés persistent, notamment parmi les professionnels de la santé et du secteur de l'éducation. Elle rappelle par ailleurs que des actes ou des agressions transphobes et homophobes se produisent encore quotidiennement au Québec.

Selon Mme Massé, la présence de Justin Trudeau dimanche est un « signal très important », parce qu'en assistant à l'événement le premier ministre vient dire : « Je reconnais que vous existez. »

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