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Trump, Brexit : un contexte favorable aux universités montréalaises

Le contexte international semble favoriser certaines universités montréalaises, qui constatent une hausse des demandes d'admission d'étudiants étrangers. Les politiques d'immigration de Donald Trump et le Brexit pourraient en partie expliquer ce phénomène.

Un texte de Dominic Brassard

À l'Université de Montréal, à McGill et à Concordia, les demandes d'admission d'étudiants étrangers sont en hausse.

Seulement à l'Université McGill, on enregistre 20 % plus de demandes internationales qu'à pareille date l'an dernier.

À l'Université Concordia, la directrice des relations avec les médias, Christine Mota, explique que les demandes proviennent d'un peu partout : « Au premier cycle, on a une augmentation importante des Émirats arabes unis, de la Turquie, avec une augmentation de 114 %, du Koweït avec 113 %, de l'Inde avec 140 % ».

À l'Université de Montréal, outre les demandes des étudiants américains, on remarque également des hausses marquées du nombre de postulants originaires de la Chine, de l'Inde, du Mexique, de l'Iran et de la Turquie. Toutefois, l'université n'est pas en mesure d'expliquer cet afflux de demandes d'admission internationales.

Un contexte

De nombreux facteurs influencent les étudiants dans le choix de l'université qu'ils fréquenteront : le taux de change, le coût de la vie et la qualité des programmes. Mais le contexte géopolitique joue aussi un rôle, selon la directrice du service des admissions de l'Université McGill, Kim Bartlett. « Il y a certains facteurs, souligne-t-elle Comme une élection, comme le Brexit. C'est sûr qu'il y a une influence. On a parlé un peu des restrictions sur le voyage et la mobilité des gens. C'est clair qu'une famille va considérer cela dans sa décision! »

Christine Mota de l'Université Concordia partage cet avis. « Si on regarde l'effet Trump, on l'observe quand on voit d'où viennent les demandes. Mais il y a aussi ce qui se passe dans le reste du monde, ajoute-t-elle. C'est un peu la tempête parfaite! Et pour le Canada, c'est le temps de briller! »

Pour Christine Mota, l'intérêt pour les universités montréalaises va même au-delà de la communauté étudiante. « Ce sont aussi les professeurs et les chercheurs. On n'a pas de chiffres, mais on reçoit des appels et des courriels... Il y a des gens qui sont prêts à commencer une vie professionnelle dans un autre pays », souligne-t-elle.

Les universités montréalaises précisent par ailleurs que leurs efforts de recrutement dans certains pays ont également pu contribuer à cet afflux de demandes d'admission en provenance de l'étranger.

Tirer son épingle du jeu

Richard Deschamps, conseiller en éducation, aux affaires universitaires et collégiales à la Ville de Montréal, croit que les universités montréalaises « peuvent et doivent tabler sur ce contexte international » qui leur est favorable.

Selon lui, les établissements doivent travailler ensemble pour faire la promotion de la ville auprès des étudiants étrangers. « C'est mûr pour qu'il y ait une collaboration entre les établissements à Montréal où on pourrait se donner la main les uns et les autres, et avoir une espèce d'image de marque commune », croit-il.

Richard Deschamps rappelle que « Montréal a été reconnue comme la meilleure ville universitaire au monde par l'Institut Quacquarelli Symonds. Maintenant, la conjoncture actuelle fait qu'il y a probablement un intérêt supplémentaire ».

Le conseiller ajoute que les étudiants étrangers se comptent par millions dans le monde et qu'ils représentent un marché intéressant pour les universités. À Montréal seulement, on compte environ 30 000 étudiants étrangers chaque année.

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