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Un an après les inondations, des sinistrés perdent patience

Le premier anniversaire des inondations du printemps 2017 approche et des dizaines de ménages n'ont toujours pas réintégré leur résidence. Plusieurs sinistrés de Montérégie, qui vivent toujours à l'hôtel, dans leurs valises, se plaignent de la lenteur de la gestion de leur dossier au ministère de la Sécurité publique.

Un texte de Fannie Bussières McNicoll

Le 5 mai 2017, Micheline Poirier, 76 ans, a quitté avec son mari la maison de l'Île-Cadieux où ils ont vécu pendant près de quatre décennies. Presque un an plus tard, ils séjournent toujours à l'hôtel avec les désavantages que cela implique. Bien qu'ils y soient confortables, ils vivent toujours dans leurs valises, font sans cesse des allers-retours jusqu'à leur résidence sinistrée et doivent aller faire leur lavage chez des amis.

Le couple de retraités attend la confirmation du montant qui lui sera versé par le gouvernement avant de décider s'il peut se permettre financièrement de faire les rénovations nécessaires ou s'il devra vendre. Micheline Poirier trouve ce délai inacceptable.

Des ratées dans la gestion des dossiers

Les Poirier ne sont pas les seuls dans cette situation. Soixante-dix-sept familles de sinistrés des inondations du printemps dernier sont toujours hébergées grâce à la Croix Rouge au Québec.

Les Vallée de Pointe-Fortune sont l'une d'elles. Ils ont non seulement perdu leur maison, mais aussi leur commerce, un casse-croûte qu'ils tenaient depuis plus de 20 ans. Excédée par l'attente et le manque de réponses à ses questions, Line Vallée a déposé une plainte chez le protecteur du citoyen, il y a quelques semaines. Elle a eu la surprise d'être soudainement rappelée, quelques heures plus tard, par le responsable de son dossier au ministère de la Sécurité publique.

L'entrepreneure juge que la gestion de son dossier a été caractérisée par une grande désorganisation, un manque de compétence et des lacunes dans la clarté des communications : « Je ne sais pas pourquoi ils laissent les gens tout le temps dans l'ignorance, [sans savoir] où ils sont rendus dans leurs dossiers. »

Elle dénonce le fait que le gouvernement ait dépensé des sommes importantes au cours de la dernière année pour relocaliser temporairement les sinistrés.

L'entrepreneure ajoute que le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, devrait être plus clair dans les directives qu'il donne aux fonctionnaires. Elle lui demande d'exiger de ses employés de donner davantage de renseignements aux sinistrés afin qu'ils se sentent moins laissés à eux-mêmes.

Stress financier intenable

Un an après les inondations, Micheline Poirier et Line Vallée trouvent que leurs dossiers font du sur place. Le moral est au plus bas, et le stress financier empire la situation.

Micheline Poirier et son mari ne peuvent compter que sur leur pension du gouvernement. Ils sont très inquiets à propos de ce que le futur leur réserve.

Line Vallée et son conjoint ne sont pas plus optimistes. Sans revenu depuis un an en raison de la perte de leur restaurant, le couple est à bout de souffle : « On n'a plus de business depuis un an. Normalement, on peut dire qu'on fait partie de la classe moyenne. Là, on est en train de glisser dans la classe pauvre. »

Les Vallée déplorent par ailleurs que le gouvernement ne leur verse aucune allocation pour la perte de leur commerce si jamais ils décident de ne pas se relancer en affaires.

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