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Un autre legs du 375e anniversaire fait sourciller les visiteurs sur le mont Royal

De singuliers bancs de granit ont fait leur apparition sur le mont Royal cet été. Le concept artistique, qui a coûté plusieurs millions de dollars, est jugé trop onéreux par certains. D'autres, au contraire, estiment que ces installations contribuent à mettre en valeur ce joyau de la métropole.

Un texte de Jérôme Labbé

Ces bancs, qui ressemblent à des souches d'arbre, sont loin de faire l'unanimité. Inaugurés en juin dernier pour le 375e anniversaire de Montréal, ils sont au nombre de 70, répartis à 25 endroits différents sur le mont Royal. Mais voilà, le parc est vaste – 200 hectares en tout. Résultat : ils passent souvent inaperçus auprès des visiteurs.

Ces regroupements de bancs – que les concepteurs appellent « des indices » – font partie du projet Escales découvertes. Ils sont accompagnés d'une douzaine de cartes tridimensionnelles et d'une dizaine de petits belvédères tournés vers la montagne.

« Une des expériences typiques des gens qui viennent au mont Royal, c'est de monter le chemin Olmstead, de se rendre au belvédère du grand chalet et, en réalité, de tourner le dos et regarder la ville », explique l'architecte Peter Soland, qui a travaillé comme chargé de projet pour ce volet des Escales découvertes. Or, « l'un des objectifs [de ces petits belvédères], c'est de retourner les gens vers la montagne ».

En tout, le projet des Escales découvertes a coûté plus de 8 millions de dollars, dont 3,4 millions pour embellir le parc du Mont-Royal. Le reste de l'enveloppe a servi à aménager d'autres installations sur le chemin de la Côte-des-Neiges, derrière l'oratoire Saint-Joseph et derrière l'Université de Montréal. Un quatrième volet, destiné à mieux orienter les visiteurs vers les trois différents sommets de la montagne, verra également le jour l'été prochain.

Le projet a été financé en bonne partie par la Ville de Montréal, mais aussi par le ministère de la Culture et des Communications du Québec, dont l'aval était nécessaire, puisque le mont Royal est considéré comme un site patrimonial.

Des coûts justifiés, selon certains

La critique d'architecture Odile Hénault trouve le concept formidable. Ceux qui estiment que les installations ont coûté trop cher sont dans le tort, selon elle.

« Lorsqu'on essaie de trop économiser dans un premier temps avec soit les matériaux, soit le design, on se retrouve très rapidement avec du vandalisme, du vol, et puis finalement on n'économise absolument rien », explique-t-elle.

Mme Hénault, qui a déjà présidé l'Ordre des architectes du Québec, prend pour exemple les cartes tridimensionnelles, faites de granit et de bronze, « qui seront extrêmement difficile à déplacer ou à briser ».

Une joggeuse interrompue dans son élan abonde dans le même sens. « Ça me fait plaisir de dépenser mes taxes de citoyenne pour de l'art, fait valoir Sarah Desrosiers. Encore plus si c'est de l'art accessible à tous! »

Avec la promenade fleuve-montagne et la course de formule E, les Escales découvertes représentent toutefois pour plusieurs un autre legs controversé pour les 375 ans de Montréal, en raison de leur coût et de leur manque de visibilité.

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