Retour

Un bijoutier montréalais ferme et disparaît avec les bijoux de ses clients

Plusieurs clients de la bijouterie La Turquoise, à Montréal, ont perdu la trace de leurs bijoux alors que le commerce a subitement fermé. Quels sont les recours possibles dans ce genre de situation?

Un reportage de Nancy Desjardins pour La Facture

En décembre dernier, la bijouterie La Turquoise, au centre commercial Le Boulevard à Montréal, a fermé ses portes sans avertissement et le bijoutier, Alain Benguira, est introuvable.

Une trentaine de clients seraient depuis à la recherche de leurs bijoux laissés pour réparation. La Facture en a rejoint une dizaine.

Lise Faucher y a laissé cinq bagues d’une valeur totale de 4000 $. Pendant des mois, M. Benguira a prétendu les avoir perdues.

« Il a eu toutes sortes d’histoires, raconte Mme Faucher. J’avais ma bague de mariage avec diamants et une bague que ma mère m’a donnée il y a 48 ans. »

De son côté, la mère de Chokri Jomni, en vacances au Québec, a laissé ses bijoux de famille à la bijouterie La Turquoise. Elle souhaitait les vendre à l’insu de son fils pour l'aider financièrement. Son fils a tenté de ravoir les bijoux, puisqu'il refusait qu'elle les vende.

Lorsqu’il se présente à la boutique, Alain Benguira n’a pas les bijoux.

« Il m’a dit, désolé, des bijoux précieux comme ça, je ne les laisse jamais ici, mais dans un coffre-fort à la banque », se souvient M. Jomni.

Pendant des mois, ces deux clients ont multiplié les aller-retour à la bijouterie afin de récupérer leurs bijoux, sans succès.

Deux dispositions légales

Selon Me Edith Tessier-Grenier, juriste au centre de justice de proximité, deux dispositions du Code civil s’appliquent dans ce cas.

Lorsqu’on laisse nos biens à un commerçant, un contrat de dépôt est implicite. Le commerçant doit les conserver et nous les remettre en bon état lorsque nous en faisons la demande.

Il y a également le contrat de service, précise la juriste.

« C’est le contrat par lequel une personne va fournir un service en échange d’un montant d’argent, explique-t-elle. Le commerçant a des obligations de prudence et diligence et il doit agir dans le meilleur intérêt de ses clients. »

Les clients qui n'ont pu récupérer leurs bijoux pourraient aussi faire appel à leur assureur résidentiel. Après une plainte pour vol à la police, les consommateurs peuvent réclamer un minimum de 2000 $ en vertu de leur contrat d'assurance.

Le commerçant et la bijouterie La Turquoise pourraient être poursuivis à la division des petites créances de la Cour du Québec.

Certains clients ont aussi porté plainte à la police pour vol et une première accusation a été déposée contre M. Benguira en février dernier au palais de justice de Montréal. M. Benguira ne s'est toutefois pas présenté devant la cour.

« Il est très malin, il sait quoi faire et comment le système marche », croit toutefois Chokri Jomni.

Malgré nos démarches, La Facture n'a pas réussi à parler à M. Benguira.

Plus d'articles