Rencontre avec Roger Beaudoin, un bûcheron de 94 ans maintes fois champion nord-américain du lancer de la hache.

Un reportage de Danny Braün à Désautels le dimanche

Il y a le lancer du disque, celui de la jarretière, il y a même eu le lancer du nain, mais depuis quelque temps certains clubs sportifs ont ajouté à leur liste une activité tout à fait inusitée : le lancer de la hache.

Hommes tatoués, barbus à chemise à carreaux, ces nouveaux bûcherons urbains version hipster ont trouvé un moyen de se détendre en lançant ces outils bien affutés sur des cibles de bois.

Cela dit, ils n'ont rien inventé.

Dans le village de Sainte-Émélie-de-l'Énergie, dans Lanaudière, Roger Beaudoin est une légende. Bûcheron, draveur, chanteur à ses heures, il s'est surtout fait connaître pour le maniement de la hache. Lorsqu'il a appris que des clubs sportifs de Montréal offraient cette discipline, il a sorti ses instruments de son placard, quitté sa résidence pour personnes âgées et pris la route de la grande ville.

« Je lançais une quinzaine de haches par jour dans la cour chez moi. C'est comme ça que j'ai battu le champion nord-américain. »

C'était il y a bien des années. Aujourd'hui, Roger Beaudoin se souvient surtout de cette époque par des chansons qu'il interprète encore d'une voix juste. Écoutez cet extrait de la chanson Raftmans, accompagné par Vincent Hamel, son beau-petit-fils.

Les propriétaires de Rage Académie, Alexander Reverse et Anton Pushkari, qui sont d'origine russe, n'ont pas grandi avec une hache à la main. Ils ont acquis un attrait pour l'outil ici, au Québec.

Le défi était lancé, tout comme la hache de Roger Beaudoin. L'outil, qui pèse 3,5 livres, n'a pas atteint le centre de la cible au premier tir mais, après quelques lancers, il est allé se planter dans le cercle rouge. « J'espère qu'à son âge j'aurai assez de force pour lancer des haches comme lui », dit Anton.

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