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Un centre de 320 millions pour entretenir 4 fois moins de trains que prévu?

Tout indique que le centre d'entretien des trains de l'Agence métropolitaine de transport (AMT), en construction dans le secteur Pointe-Saint-Charles de Montréal au coût de 320 millions de dollars, servira à entretenir 4 fois moins de voitures que prévu. Le Réseau électrique métropolitain (REM) de la Caisse de dépôt et placement du Québec vient en effet brouiller les cartes, mais la filiale de la Caisse responsable du projet, CDPQ Infra, n'exclut pas d'acquérir les installations.

Un texte de François Cormier

Ce centre a été conçu pour entretenir les voitures de trois lignes de trains de banlieue : Mont-Saint-Hilaire, Deux-Montagnes et Mascouche.

Avec l'arrivée du REM, la ligne de train de banlieue vers Deux-Montagnes disparaîtra. Quant aux trains en provenance de Mascouche, ils ne pourront plus franchir le tunnel sous le Mont-Royal en raison de la présence du REM. Il sera donc impossible pour ces trains de se rendre au centre-ville ou au centre d'entretien de Pointe-Saint-Charles.

L'AMT a refusé de spéculer sur l'avenir de son centre. « Il est encore trop tôt pour connaître tous les impacts du REM proposé par CDPQ Infra sur les activités de l'AMT », a indiqué la porte-parole de l'Agence, Fanie Clément St-Pierre.

Des sources ont toutefois confirmé à Radio-Canada que les inquiétudes sont bel et bien réelles à l'AMT. Des discussions sont d'ailleurs en cours entre l'Agence et CDPQ Infra.

La filiale de la Caisse de dépôt indique d'ailleurs que différents scénarios sont étudiés. « Nous regardons différentes options pour pouvoir s'en servir pour le REM. L'idée recherchée est de capitaliser sur cette infrastructure pour optimiser le projet et ses coûts, parce que, bien évidemment, il faut aussi entretenir les voitures du REM », indique Jean-Vincent Lacroix, de CDPQ Infra.

Il a été impossible de savoir combien d'argent avait été investi dans le projet depuis le début des travaux, le 29 juin 2015. Selon les documents de l'AMT, le centre doit être opérationnel en 2017. Il doit abriter un atelier d'inspection, un atelier de réparation, un lave-train automatisé et un atelier de profilage de roue.

Les voitures des autres lignes de train de banlieue de l'AMT ne peuvent pas être entretenues dans ce centre, puisqu'il ne s'agit pas du même réseau de rails.

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