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Un chef de Kahnawake propose d'expulser les trafiquants de drogue

L'un des chefs du conseil de bande de Kahnawake propose de bannir les trafiquants de drogue connus afin d'affronter le problème criant de consommation dans la réserve autochtone.

Carl Horn suggère de se tourner vers une résolution adoptée par le conseil de bande en 1989 qui déclarait « sans drogue » la réserve de Kahnawake, située au sud de Montréal. Elle donnait même aux autorités le pouvoir d'expulser à vie les trafiquants.

L'ancien agent de la paix s'inquiète du problème croissant de consommation de drogues illégales, notamment parmi les jeunes de Kahnawake. « C'est un problème réel dans la communauté, affirme-t-il. Il empire et s'aggrave alors que les jeunes sont passés de la consommation de marijuana à l'injection d'oxycodone. »

Rarement utilisée, l'expulsion définitive pourrait être le meilleur outil pour le conseil de bande afin de réduire la consommation de drogues, selon Carl Horn.

Mais ceux qui appliquent la loi dans la réserve doutent déjà de l'efficacité de la mesure. Selon le chef des agents de la paix, Dwayne Zacharie, bannir n'est jamais la bonne solution et n'enrayera pas le problème. « Où iront les gens? demande-t-il. Par le passé, l'expulsion, c'était une condamnation à mort. »

Une femme bannie en 1989

Après l'entrée en vigueur de la résolution, en 1989, seule une femme aurait été expulsée de la réserve.

Le conseil de bande de Kahnawake lui avait alors envoyé une lettre lui donnant un certain temps pour quitter la réserve définitivement.

La femme n'est jamais revenue, selon Carl Horn.

Légal, en vertu de la Loi sur les Indiens

Décider de qui peut résider à Kahnawake ou non se révèle cependant controversé, autant sur le territoire mohawk qu'à l'extérieur de ses frontières.

Ce fut notamment le cas lorsque le conseil de bande a décidé d'expulser un couple mixte qui vivait sur la réserve, sous prétexte que seuls des Mohawks peuvent y habiter.

En vertu de la Loi sur les Indiens, les dirigeants des communautés autochtones ont le droit de déterminer qui est considéré comme un de leurs membres.

« Ils ont donc le pouvoir de déterminer qui reste et qui part », explique la professeure de l'Université McGill Kirsten Anker, spécialiste de la question des peuples autochtones.

Le chef Carl Horn admet tout de même que des balises devraient être mises en place afin d'assurer la rigueur du processus d'expulsion des trafiquants de drogue. Par exemple, la mesure pourrait se limiter aux trafiquants reconnus coupables devant la justice. Il suggère également de considérer l'âge de la personne avant d'agir. La communauté aurait le dernier mot, ajoute-t-il.

Le grand chef du conseil de bande de Kahnawake, Joseph Tokwiro Norton, n'était pas disponible pour commenter la proposition d'un de ses chefs.

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