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Un corps est repêché par la SQ près du pont Champlain

La Sûreté du Québec a mis fin à ses recherches pour retrouver un travailleur de la construction tombé dans le fleuve Saint-Laurent. La police n'a cependant pas confirmé si le corps repêché près du pont Champlain est celui du travailleur recherché.

Selon la SQ, une plateforme du chantier de l'estacade sur laquelle il se trouvait s'est détachée pour une raison encore inconnue en milieu de journée.

« La plateforme s'est partiellement décrochée et le travailleur est tombé à l'eau », a expliqué une porte-parole de la police provinciale, Ingrid Asselin, dans un point de presse donné un peu plus d'une heure après l'accident. Cette plateforme de type Quick Deck, selon le jargon utilisé dans l'industrie, se trouvait sous l'estacade.

« L'accident est survenu alors que des travailleurs effectuaient une manœuvre de déplacement d'une plateforme de travail » sur l'estacade, une structure parallèle au pont Champlain, a fait savoir la société Les Ponts Jacques-Cartier et Champlain Incorporée, qui gère les installations. 

Il procédait à la descente de l'installation afin de déplacer celle-ci vers un autre lieu de travail lorsque la plateforme s'est renversée pour une raison inconnue, le projetant à l'eau.

Selon une inspectrice de la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST), le travailleur aurait normalement dû porter un harnais de sécurité attaché à la structure en procédant à ce déplacement, mais on ne sait pas encore s'il le portait ou non.

Les pompiers de Montréal dirigent l'opération de sauvetage, qui se déroule sous le pont, et en aval, vers le pont Victoria. La SQ et la garde-côtière participent aussi aux opérations.

« Il y a quand même du courant, du vent, donc les recherches vont un petit peu plus loin », a précisé la sergente Asselin. Selon elle, la SQ étudie aussi la possibilité de dépêcher des plongeurs sur place.

Des policiers de Montréal, des ambulanciers et des représentants de la Commission de la santé et de la sécurité du travail sont également arrivés sur les lieux.

Sous le choc, les collègues du travailleur disparu ont cessé leur travail.

La circulation s'effectue cependant normalement sur le pont.

Témoignage d'un collègue

Interrogé par des journalistes, un travailleur qui se trouvait sur le chantier, Jean-François Séguin, a affirmé que le port d'un harnais de sécurité n'était pas requis pour travailler sur une plateforme, et que le port de la veste de flottaison n'était pas requis.  

« Sur une plateforme comme ça, on n'a pas besoin de harnais. On a des garde-corps, c'est la loi qui l'exige. Ils l'avaient le garde-corps », a-t-il expliqué M. Séguin, après avoir indiqué qu'il n'avait pas été directement témoin de l'accident, puisqu'il travaille dans une autre équipe.

« C'est juste que... ça a tombé. Ça a l'air qu'ils levaient une charge et le treuil a lâché. C'était trop lourd. Ça fait que ça a donné un coup sur la plateforme, et la plateforme a tombé », a-t-il ajouté, selon des informations recueillies auprès d'autres travailleurs qui étaient sur les lieux.

« Ça nous fait prendre que la sécurité c'est important, surtout en dessous d'un pont. [...] On va voir ce qui va arriver. Sûrement qu'ils vont obliger le port de la veste de sauvetage en tout temps », a-t-il ajouté.

Selon lui, des bateaux sont en tout temps sur place en cas de problème.

À Québec, le ministre des Transports, Robert Poëti, a dit que son ministère suivait de près l'évolution de la situation.

« Tous les accidents qui se produisent lorsque les gens travaillent, ça nous interpelle, et je suis convaincu que le fédéral fait la même chose », a-t-il dit. « Il y a beaucoup de travaux. Tout ça doit être fait dans les règles de l'art. L'enquête va démontrer évidemment ce qui s'est passé réellement. »

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