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Un enseignant de l'École nationale de cirque accusé de crimes sexuels

L'entraîneur Marcelo Berti Marques fait face à quatre chefs d'accusation, entre autres pour avoir envoyé une photo de ses organes génitaux à un de ses anciens élèves de l'École nationale de cirque, à Montréal. Sa présumée victime est soulagée, mais craint qu'il ait fait d'autres victimes.

Un texte de Geneviève Garon

« Il était un habile manipulateur. Il m'a fait sentir spécial, important », affirme la présumée victime de Marcelo Berti Marques, un adolescent de 15 ans dont l'identité est protégée par la Cour. « Je suis soulagé qu'il ait été arrêté puisqu'il ne pourra pas faire subir le même sort à d'autres », a-t-il ajouté en entrevue téléphonique avec Radio-Canada.

Vêtu d'une veste de sport bleue, Marcelo Berti Marques, 44 ans, a comparu détenu, jeudi, pour faire face à quatre accusations : leurre d'enfant, incitation à des contacts sexuels, possession de pornographie juvénile et pour avoir rendu accessible à un enfant du matériel sexuellement explicite.

À la demande de la Couronne, il demeure détenu jusqu'à son enquête sur remise en liberté prévue vendredi. Son avocat, Me Michael Morena, a demandé la présence d'un interprète portugais.

Sa présumée victime a sursauté en apprenant que l'accusé est âgé de 44 ans. « Il m'avait dit qu'il avait 32 ans... c'était sans doute pour que je me sente plus proche de lui » laisse-t-il tomber, visiblement sous le choc.

Les crimes auraient été commis le 21 avril dernier. Les chefs d'accusation entraînent une peine minimale de détention variant entre 6 mois et 1 an, s'il est reconnu coupable.

« Mon fils est encore très troublé »

« Mon fils l'admirait, il était dans une position très vulnérable. C'était son rêve l'École nationale de cirque... » explique la mère de la présumée victime.

Elle a été bouleversée lorsque son adolescent lui a montré la photo explicite que son ancien enseignant lui aurait envoyée, il y a quelques semaines. « Mon fils est encore très troublé... surtout que c'était déjà un garçon anxieux », affirme-t-elle.

M. Berti Marques enseignait à l'École nationale de cirque depuis deux ans, principalement aux élèves de la formation préparatoire, âgés de 13 à 17 ans. Vingt-sept jeunes sont inscrits dans ce programme.

La présumée victime et sa mère craignent qu'il ait pris d'autres adolescents comme cibles. Le Service de police de la ville de Montréal a d'ailleurs diffusé sa photo pour inviter toute autre présumée victime à le dénoncer.

L'école nationale de cirque sous le choc

« On ne s'attendait jamais à une nouvelle comme ça. D'autant plus qu'il n'y a jamais eu de rumeurs au sujet de M. Berti », a déclaré la coordonnatrice aux communications de l'École nationale de cirque, Mélanie Jolin.

Elle affirme que l'établissement a relevé Marcelo Berti Marques de ses fonctions dès qu'elle a été avisée de son arrestation, jeudi matin.

Du soutien psychologique et une ligne téléphonique sont offerts aux élèves et aux membres du personnel qui pourraient en ressentir le besoin.

« Les dossiers criminels des enseignants sont épluchés chaque année et il a toujours montré patte blanche », assure Mme Jolin, qui mentionne que c'est la première fois qu'un enseignant de l'établissement est visé par des allégations de crimes sexuels.

L'École nationale de cirque accueille des élèves des quatre coins du monde, dont certains demeurent en résidence. Environ 80 élèves participent au programme collégial et une vingtaine y suivent une formation secondaire.

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