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Un ex-préposé aux bénéficiaires accusé d'agressions sexuelles demeure détenu 

Un ancien employé de l'Hôpital du Haut-Richelieu en Montérégie, accusé d'avoir agressé sexuellement et filmé des patientes, restera derrière les barreaux au moins jusqu'à la semaine prochaine. Pendant ce temps, la police poursuit son analyse du matériel informatique saisi chez André Tougas, à la recherche d'autres victimes.

Un texte de Geneviève Garon

« Pour des raisons de protection de la société, protection des victimes, la gravité des crimes qui ont été commis... pour l'instant, il y a objection à la remise en liberté de Monsieur [André Tougas] », a affirmé le procureur aux poursuites criminelles et pénales Nicolas Rochon, à sa sortie de la salle d'audience, mercredi, au palais de justice de Saint-Jean-sur-Richelieu.

L'accusé de 53 ans, détenu depuis son arrestation mardi, demeurera en prison jusqu'à son retour en cour, prévu lundi. Son avocat Jean-Pierre Robillard, qui venait tout juste de recevoir la preuve mercredi matin, n'a pas encore demandé une enquête sur remise en liberté.

L'ancien préposé aux bénéficiaires André Tougas est accusé d'avoir profité de son emploi à l'Hôpital du Haut-Richelieu pour agresser sexuellement trois patientes, prendre des photos et filmer des femmes, entre 2012 et 2017. Quatre victimes âgées de 18 à 54 ans ont été identifiées jusqu'à maintenant. Il aurait également eu en sa possession de la pornographie juvénile.

Au cours des prochains jours, la Sûreté du Québec va poursuivre son analyse des nombreux fichiers informatiques et disques durs externes saisis lors d'une perquisition à sa résidence à la recherche d'autres victimes.

« Il est possible que d'autres accusations soient portées », soutient Me Rochon.

Une clef USB incriminante oubliée dans un manteau

André Tougas aurait été trahi par une clef USB qu'il avait oubliée dans la poche d'un manteau vendu sur Internet l'été dernier.

L'acheteur l'a trouvée par hasard en novembre et a sursauté en découvrant le contenu.

« En voyant la clef, il l'a visionnée et il y avait commission de crimes à caractère sexuel », explique Ingrid Asselin, de la Sûreté du Québec.

La police enquêtait déjà au sujet d'André Tougas, après qu'une patiente l'ait dénoncé pour inconduite sexuelle en juin dernier. Il avait alors été congédié de l'Hôpital du Haut-Richelieu.

L'accusé y avait été embauché pour faire de l'entretien à partir de 1999 et il était devenu préposé aux bénéficiaires de nuit dans une unité psychiatrique en 2011. Il n'avait jamais été visé par des mesures disciplinaires.

Embauché malgré ses antécédents judiciaires

Entre 1985 et 1996, André Tougas a cumulé les condamnations pour possession de drogue, vol et introduction par effraction, notamment.

L'Hôpital du Haut-Richelieu n'a jamais vérifié ses antécédents judiciaires avant de l'embaucher.

À l'époque, « ce n'était pas une pratique généralisée dans l'ensemble du réseau », explique le directeur des programmes de santé mentale et dépendance au Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Montérégie-Centre, Benoît Geneau.

Depuis la création du CISSS en 2015, il assure que les casiers judiciaires sont systématiquement vérifiés avant une embauche et que des antécédents comme ceux de M. Tougas empêcheraient un postulant d'être engagé.

« C'est révélateur d'une conduite délictuelle », affirme-t-il.

M. Geneau ignore si cet événement amènera la direction à vérifier les antécédents judiciaires des employés embauchés avant 2015. Pour l'instant, sa priorité est de soutenir les présumées victimes et leurs proches. « Ça doit être un cauchemar épouvantable pour eux », dit-il.

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