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Un graphiste autochtone anime l’histoire du Canada

Le plus important musée du Canada, le Musée canadien de l'histoire, s'est associé avec un artiste graphique autochtone afin d'animer l'histoire de la création du pays dans le cadre son 150e anniversaire.

Le musée de Gatineau inaugurera, le 1er juillet, sa « Salle de l’histoire canadienne » d’une superficie de 4000 mètres2 dont l’objectif est de couvrir 15 000 ans d’histoire.

La préparation de l’exposition s’est amorcée en octobre 2012. Lorsque les équipes d’historiens et de conservateurs ont commencé à discuter de la meilleure manière de raconter l’histoire du Canada, ils ont été confrontés à une question simple, mais épineuse : « Par où commencer? »

La première partie de l’exposition à laquelle les visiteurs assistent présente des preuves archéologiques que l’habitation humaine du territoire remontrait à 13 000 années, mais octroie davantage d’espace à une version autochtone de l’histoire de la création qui joue sur un écran géant enveloppant la salle.

Les histoires de la création autochtones varient d’un bout à l’autre du Canada. Dans certaines versions, les personnages Glooscap, Sedna, Nanabush ou Raven créent le monde.

Les conservateurs du musée avaient tout d’abord envisagé d'entamer l’exposition avec six différentes histoires, mais les coûts associés à une telle option étaient trop lourds.

Ils ont donc décidé de privilégier la version de la Nation Anichinabé dont le territoire traditionnel est celui sur lequel repose le musée.

Le défi suivant a été de déterminer comment dépeindre cette histoire qui a été partagée oralement pendant des milliers d’années.

Pour ce faire, le musée a fait appel à un homme algonquin qui possède une passion pour les dessins animés et les superhéros, le graphiste Jay Odjick.

« Créer Dieu »

Jay Odjick est familier avec l’histoire de la création de sa propre communauté, la Première Nation de Kitigan Zibi. Ayant déjà créé une série animée pour le Réseau de télévision des peuples autochtones (APTN), il est également habitué d’imaginer le monde surnaturel.

Il avoue cependant avoir été au départ intimidé par la demande du musée d’animer l’histoire de la création.

Dans la version de l’histoire choisie pour la salle, Gchi-Manido (le Grand-Esprit) rassemble les esprits des animaux afin de les avertir qu’il s'apprête à donner la vie à des personnes appelées des Anichinabés.

Un des esprits, l’Otarie, réalise que ces gens auront besoin d’un endroit où vivre. L’Otarie nage alors jusqu’au centre de la planète remplie d’eau et y trouve un morceau de terre qu’elle remonte à la surface. Cette terre grossira pour ensuite devenir l’île de la Tortue.

« La partie la plus intimidante pour moi était de représenter visuellement Gchi-Manido. Essentiellement, ce que tu fais est de créer Dieu. Je ne veux insulter personne. Je veux que les gens regardent l’image et se disent "Oui, c’est une interprétation valide." », explique Jay Odjick.

Les esprits comme des étoiles

Le graphiste a choisi de ne pas illustrer les premiers êtres humains afin de concentrer l’attention des visiteurs sur le rôle de l’Otarie et son cadeau, soit l’harmonie et l’unité pour les peuples.

Il s’est lui-même associé avec une entreprise de Boston pour la trame de l’histoire et l’animation informatique, mais est aussi allé recueillir l’opinion d’aînés de sa communauté.

Le résultat est un dessin animé de deux minutes narré en langue autochtone par Joan Tenasco de la communauté de Kitigan Zibi et sous-titré en français et en anglais.

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