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Un homme plaide coupable après que son fils se suicide avec son arme

Réjean Bergevin regrettera toute sa vie de ne pas avoir changé la combinaison du verrou de son arme de chasse et d'avoir laissé traîner une boîte de munitions. Et ce, même s'il savait que son grand garçon avait des idées noires et qu'il risquait de retourner une arme contre lui.

« Le décès de mon garçon est l'épreuve de ma vie », a affirmé lundi Réjean Bergevin, face au juge Jean Roy, au palais de justice de Laval. L'homme grisonnant avait la voix tremblotante, les épaules basses et la tête inclinée vers le sol.

« Je regrette amèrement les événements malheureux qui se sont passés. J'ai perdu un fils et j'aurai à vivre avec cette peine le restant de mes jours », a-t-il ajouté.

L'homme de 60 ans, qui est président d'une entreprise de génie forestier, reconnaît avoir entreposé de façon négligente son arme de chasse et ses munitions.

En échange, le ministère public a retiré l'accusation grave de négligence criminelle causant la mort.

« Un procès de deux semaines aurait été extrêmement lourd », a soutenu son avocat, Stephen Angers, en ajoutant que son client était soulagé que ce tragique chapitre se termine.

Une arme laissée à portée de main

Le 9 décembre 2012, Olivier Bergevin, 19 ans, était chez son père à Laval. Il souffrait de problèmes anxieux à la suite d'un grave accident de la route survenu en mars 2011. Il avait été amené aux urgences trois fois au cours des 20 mois précédant sa mort. Il ne fréquentait plus ses amis, prenait une médication et multipliait les rendez-vous avec différents spécialistes. Ses parents l'épaulaient de leur mieux.

Son père était revenu de la chasse quelques jours plus tôt et avait laissé son arme sur son établi afin de la nettoyer. « La combinaison du verrou était celle d'origine et n'avait pas été changée par le père », peut-on lire dans l'exposé commun des faits.

La combinaison est très simple : 0-0-0.

Pourtant, une psychiatre avait avisé le père que son fils faisait une fixation sur les armes. Les munitions non verrouillées étaient à quelques mètres de là.

Olivier s'en est emparé et a commis l'irréparable.

« Réjean Bergevin réalise depuis ce décès qu'il a sous-estimé l'état dépressif et suicidaire de son fils Olivier Bergevin, malgré les mises en garde qui lui furent faites en ce sens », relate le document de cour.

« Un drame humain incommensurable », a résumé le juge Jean Roy.

La mère d'Olivier ne veut pas que sa mort soit « vaine »

Les larmes aux yeux, Marlène Gauthier a déclaré sans ambages : « Je suis morte en même temps que mon fils. »

Quatre ans plus tard, la douleur est toujours aussi vive. « J'ai perdu mon fils unique, l'amour de ma vie, mon but dans la vie », ajoute-t-elle.

Elle aurait souhaité que son ex-mari subisse un procès afin de saisir l'occasion de faire de la prévention du suicide.

« Il faut qu'il y ait une section pour les jeunes de 18 à 24 ans avec une équipe spécialisée en santé mentale dans chaque hôpital », plaide-t-elle.

Elle implore également tous les propriétaires d'armes à feu de respecter la loi : « Si vous avez vos armes et que vous les nettoyez, ne mettez pas de munitions. Vous n'avez pas besoin de nettoyer vos munitions! Mettez-les à part, cachez-les à part. La loi est très, très claire et si tout le monde suivait cette loi-là, il n'y en aurait pas de problème », dit-elle.

Le père fera un don de 5000 $

Le tribunal a entériné la suggestion des deux parties et Réjean Bergevin a ainsi reçu une condamnation avec sursis et deux ans de probation au cours desquels il lui sera interdit de posséder une arme à feu. Il doit également faire un don de 5000 $ à la bourse Oli pour la vie, créée à la mémoire de son fils.

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