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Un Montréalais reconnu coupable de tentative de meurtre sur une fille de 11 ans 

La juge Silvi Kovacevich a qualifié d'« invraisemblable » la version des faits d'un homme accusé d'avoir tenté d'étrangler une enfant de 11 ans avec une corde à sauter, en 2013. Il a été reconnu coupable de tentative de meurtre, au palais de justice de Montréal.

Un texte de Geneviève Garon

Le 26 mai 2013, en soirée, l'enfant de 11 ans s'est réveillée sous la pluie dans une ruelle près de chez elle, dans l'arrondissement de Saint-Laurent à Montréal, complètement désorientée. Ses vêtements étaient déchirés, sales, elle saignait et avait une corde à sauter attachée autour du cou. Elle a couru chez une amie, et la police a été appelée.

L'enfant a raconté que, ce soir-là, elle regardait la télévision dans l'appartement qu'elle partage avec sa mère. Un homme, qu'on ne peut identifier pour préserver l'anonymat de l'enfant, lui a fait essayer des colliers, prétendument pour lui en offrir un. Sans qu'elle comprenne pourquoi, il s'est mis à serrer le collier autour de son cou. Puis, il a sorti une corde à sauter et s'est mis à l'étrangler en disant qu'il allait la tuer.

Elle s'est débattue, lui a donné un coup de poing au visage, mais c'était peine perdue. Elle s'est évanouie.

Elle se souvient d'avoir été traînée à l'extérieur de chez elle, tirée par les cheveux. Puis elle a été laissée pour morte dehors.

La juge souligne que l'adolescente a témoigné de façon « claire, précise et détaillée ». Elle n'a relevé aucune contradiction majeure. Ses dires sont corroborés par d'autres témoignages et par l'expertise médicale.

Des explications « à n'y rien comprendre »

En retour, l'accusé, lui, a tenté de s'en sortir avec une version « invraisemblable et incroyable », affirme la juge.

L'homme de 45 ans raconte que, ce soir-là, il a remarqué deux hommes louches dans son quartier. Il affirme avoir été attaqué à trois reprises par ces deux personnes, le soir du 26 mai 2013. Il dit avoir aperçu la corde à sauter de l'enfant dans la main de l'un d'eux. Selon lui, ce sont probablement ces deux hommes qui ont attaqué l'enfant.

La juge Kovacevich note que l'accusé était « difficile à suivre » lors de son contre-interrogatoire et qu'il avait de la difficulté à répondre à des questions simples. De plus, les blessures qu'il allègue avoir subies en raison des trois attaques ne sont pas corroborées par les photos ni par les observations des policiers.

La juge l'a reconnu coupable de tentative de meurtre, mais l'a innocenté sur le chef d'accusation d'agression sexuelle. Selon la juge, la preuve ne permet pas de conclure qu'il y avait un contexte sexuel.

La Couronne satisfaite

Le ministère public avait hâte d'annoncer à la nouvelle à la victime, qui n'était pas présente pour la lecture du jugement.

La procureure de la Couronne, Me Nadine Haviernick a tenu à souligner son courage. « Ce dont on est le plus content, c'est qu'elle soit toujours en vie, cette petite-là. Il s'agit d'une grande personne. [...] On salue sa patience, son courage », a-t-elle dit.

Le processus judiciaire a été long, puisque le procès s'est tenu de façon discontinue à partir de février 2015.

Le procès s'est étiré et a été ponctué par de nombreuses requêtes, notamment en raison d'éléments de preuve importants qui ont été détruits par les policiers.

L'accusé fait appel

L'avocate de l'accusé, Me Sharon Sandiford, a déjà indiqué qu'elle portera l'affaire en appel.

« Les contradictions pour nous autres étaient fatales. Pour nous autres, la Couronne ne peut pas démontrer hors de tout doute avec des contradictions si fatales », dit-elle.

La défense a entre autres soulevé le fait que l'ADN de deux personnes non identifiées a été retrouvé sur les vêtements de l'enfant. Et ce n'était pas celui de l'accusé.

Les parties seront de retour en cour vendredi matin afin de fixer une date pour les observations sur la peine.

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