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Un nouveau parc-nature de 93 hectares pour Montréal

Les Montréalais ont maintenant accès à un nouvel espace naturel un peu plus grand que le parc Maisonneuve. Le parc-nature du Bois-de-Saraguay, dans l'arrondissement d'Ahuntsic-Cartierville, qui a failli être rasé en partie pour un projet de tours d'habitation, a été inauguré jeudi.

Cette ouverture est l'aboutissement d'une bataille citoyenne qui a duré 40 ans. Le parc était fermé depuis son acquisition par la Ville en 1984 et a failli faire place à un projet immobilier à la fin des années 70.

« Les citoyens ont protesté avec succès contre ce projet. Ce n'était pas certain qu'on réussisse. Maintenant que la forêt est aménagée avec des sentiers publics, c'est un vrai bonheur », dit Jocelyne Leduc-Gauvin, présidente du comité pour la mise en valeur du Bois-de-Saraguay.

Le maire de l'arrondissement d'Ahuntsic-Cartierville, Pierre Gagnier, reconnaît l'importance des mouvements citoyens en politique. « La pression de ces groupes-là, ce sont eux, faut le reconnaître, qui poussent les politiciens que nous sommes à agir et à faire arriver des projets. Et c'est le mariage des deux : si on n'avait pas la base, peut-être qu'on y arriverait, mais ça prendrait plus de temps. »

Un boisé patrimonial

Les Montréalais ont maintenant accès à trois sentiers pédestres, qui totalisent 1,8 km, dans l'une des plus anciennes forêts de Montréal. Le parc-nature de 93 hectares se situe tout près de l'autoroute 13 et de la rivière des Prairies, et est constitué de l'île aux Chats (zone de conservation), de la forêt de Saraguay, du secteur Ogilvie et de la maison Mary-Dorothy-Molson.

Tout comme le mont Royal, le parc-nature du Bois-de-Saraguay détient le statut de site patrimonial déclaré.

À la demande des groupes de citoyens, afin de protéger la biodiversité fragile du parc-nature, les cyclistes n'auront pas accès aux sentiers, comme c'est le cas dans les autres parcs municipaux. On trouve dans ce boisé 260 espèces végétales, 80 espèces d'oiseaux et des essences rares telles que l'érable noir, le chêne bicolore, le micocoulier et le micocoulier occidental.

« On a demandé qu'il n'y ait pas de vélo pour protéger la nature, que ce soit plus pour l'observation de la nature. On pourrait penser à un éloge de la lenteur quand tout le monde court tout le temps... D'y aller lentement, que ce soit plus méditatif, plus intimiste », dit Jocelyne Leduc-Gauvin.

Le responsable des grands parcs au comité exécutif, Réal Ménard, est pour sa part satisfait que le budget prévu de 2,5 millions de dollars ait été respecté, ce qui n'est pas le cas pour d'autres projets sous sa responsabilité, comme la rénovation du kiosque Mordecai-Richler sur le mont Royal.

En 2011, la Ville de Montréal avait approuvé cet argent pour entreprendre les travaux dans le parc, mais ils ont été reportés à de nombreuses reprises. Le site étant patrimonial, aucune intervention ne pouvait être faite sans l'approbation du ministère de la Culture et du Conseil du patrimoine. Des consultations ont d'ailleurs eu lieu à l'automne 2015.

Trois entrées ainsi qu'une passerelle y ont été aménagées, et des bancs et des supports à vélo ont été installés. À l'automne, le Groupe uni des éducateurs-naturalistes et professionnels en environnement (GUEPE) y offrira des activités d'observation et d'interprétation de la nature.

« En investissant dans l'aménagement du parc-nature du Bois-de-Saraguay, l'administration municipale souhaite rendre sa fréquentation plus conviviale et sécuritaire, tout en étant une source de fierté pour l'ensemble de la collectivité montréalaise et les citoyens de l'arrondissement d'Ahuntsic-Cartierville », dit le conseiller ahuntsicois Harout Chitilian.

Avec des informations de Benoît Chapdelaine

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