Oka pourrait voir renaître la mine de niobium qu'on y retrouvait dans les années 60 et 70. Un nouveau promoteur, Eco-Niobium, consulte ces jours-ci la population pour faire connaître son projet, avec l'appui du conseil municipal. Des millions de dollars en retombées sont en jeu, mais il y a tout de même un obstacle de taille : les droits miniers n'appartiennent pas au nouveau promoteur.

Un texte de Francis Labbé

Eco-Niobium a commencé la semaine dernière une série de rencontres avec les citoyens d'Oka pour expliquer son projet. Il a obtenu au préalable l'accord du conseil municipal. Le maire d'Oka, Pascal Quevillon, ne cache pas que le projet est intéressant sur le plan économique.

« On parle de près de 250 emplois de créés, des emplois de près de 80 000 dollars par année, explique le maire. L'autre partie qui est intéressante, ce sont les redevances. On parle de près de 5 millions [de dollars] de redevances par année à la municipalité. »

Changement de ton

La récente ouverture du conseil municipal envers ce projet de relance de la vieille mine Saint-Lawrence Colombium tranche avec le ton employé dans ce dossier depuis les 20 dernières années.

Depuis presque deux décennies, l'entreprise Niocan a elle aussi un projet de relance de la mine. Mais ce dernier a fait l'objet d'un référendum, en avril 2000, et a été rejeté par 62 % de la population. Les Mohawks de Kanesatake se sont aussi opposés au projet.

Niocan détient toujours les droits miniers sur les gisements de niobium inventoriés dans le secteur. L'entreprise dénonce la consultation menée par Eco-Niobium, qui est cautionnée par la municipalité.

« Eco-Niobium tire des conclusions défavorables du projet de mine de niobium de Niocan dans le but évident d'entraver Niocan de faire quelque projet de mise en valeur que ce soit de ses droits miniers », affirme Niocan par voie de communiqué.

« Ces déclarations et la présentation prévue du projet d'Eco-Niobium aux résidents de la municipalité d'Oka sont fausses et trompeuses et visent à tromper la municipalité et ses citoyens, leur laissant croire qu'Eco-Niobium détient les droits miniers aux fins de l'exploitation d'une mine de niobium sur ce site et leur demandant d'apporter leur support au projet d'Eco-Niobium au grand détriment de Niocan. »

La nouvelle entreprise, Eco-Niobium, s'affaire donc à gagner l'appui populaire d'abord, avant de poursuivre la promotion son projet. Des rencontres auront lieu dans les prochains jours. Par la suite, c'est la municipalité qui entendra ses citoyens et qui verra à faire modifier le projet pour le rendre plus « socialement acceptable ».

« Ultimement, c'est le gouvernement qui aura à trancher. Et il aura à choisir entre un projet qui ne reçoit pas l'appui de la population et des Autochtones, et un autre qui a des impacts environnementaux plus limités et qui est plus acceptable », précise Pascal Quevillon, maire d'Oka.

Le projet suscite toutefois des craintes dans la population. Annie Laporte, habite juste en face du site.

« Et comme nous sommes situés juste à côté, je crains que nous en venions à être expropriés », rajoute Annie Laporte. Le maire d'Oka a insisté pour dire qu'aucune expropriation n'était prévue dans ce projet.

Quant aux Mohawks de Kanesatake, ils veulent en savoir davantage sur les impacts environnementaux de ce nouveau projet avant de se prononcer.

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