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Un ourson québécois à la conquête du monde 

Les parents de jeunes enfants connaissent sans doute la bouillotte sèche Béké-Bobo. Cet ourson thérapeutique a été créé par une ingénieure québécoise qui cherchait, à l'époque, à soulager les douleurs de sa fille gravement malade.

Un texte de Vincent Maisonneuve

De fil en aiguille, l'ourson est devenu un succès commercial, qui dépasse aujourd'hui les frontières du Québec.

C'est dans un atelier de Saint-Amable, près de Montréal, que les oursons thérapeutiques prennent vie. En quelques années, l'ourson a réussi à se tailler une place dans des milliers de foyers québécois.

Les débuts de Béké-Bobo

C'est à la fin des années 1990 que l'aventure du petit ourson commence. La vie de l'ingénieure en construction Maggy-Nadyne Lamarche bascule lorsque sa fille de 18 mois subit une importante opération chirurgicale.

« Camillie s'est retrouvée avec beaucoup, beaucoup de douleurs. En voyant sa douleur, en voyant sa détresse, je me sentais démunie. Comme ingénieure, je me suis dit que s'il y a un problème ça prend une solution. Je me suis attaquée au problème de l'inflammation. Je cherchais un mélange de céréales pour générer de l'humidité et traiter la douleur en profondeur. »

Pour soulager les douleurs de sa fille, Mme Lamarche fabrique de ses propres mains une bouillotte sèche en forme d'ourson.

À l'hôpital, l'ourson devient populaire auprès de parents d'enfants hospitalisés. « On a fait des tests sur les autres enfants hospitalisés et là toutes les mamans se sont mises à commander des oursons. Moi, je n'avais aucune expérience en couture », se souvient Mme Lamarche.

La confection passe alors de quelques oursons par année à plus de 500 par semaine.

« Jusqu'à dernièrement, on fonctionnait avec quatre couturières, dont trois à temps partiel. On est passé de 35 points de vente en 2004 à 2000. On touche un enfant sur cinq qui naît au Québec. On vend en moyenne 25 000 oursons par année », raconte Maggy-Nadyne Lamarche.

Petit ourson deviendra grand

La femme d'affaires a bien l'intention de se lancer à la conquête du monde. Mme Lamarche souhaite percer le marché européen, à commencer par la France.

Grâce à une entente signée avec un manufacturier de Granby, la croissance devrait grandement s'accélérer pour Béké-Bobo dans les prochains mois.

« On s'est trouvé un partenaire qui va nous permettre de passer à 10 000 oursons par semaine », indique Mme Lamarche, qui vise une percée en France. « Déjà, les distributeurs sont intéressés d'aller de l'avant avec nous. Si on parle juste de la France, c'est 22 800 pharmacies. C'est un potentiel énorme. »

L'initiative d'une mère, qui ne cherchait au départ qu'à soulager sa petite fille malade, s'est transformée en une florissante PME québécoise. « Quand je l'ai créé, je ne pouvais pas penser une seconde qu'un jour j'exporterais et que j'aurais une envergure mondiale. »

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