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Un pédophile admet avoir payé une mère pour agresser sa fillette 25 fois

Le pédophile Marc Clermont reconnaît avoir agressé sa dernière victime pendant trois ans avec l'accord de la mère, qui louait les services sexuels de l'enfant. L'homme de 62 ans a plaidé coupable lundi à 12 chefs d'accusation pour des crimes sexuels commis sur trois fillettes, au palais de justice de Longueuil.

Un texte de Geneviève Garon

« M. Clermont est un récidiviste et conséquemment, il devrait savoir que c'était absolument inacceptable, répréhensible, révoltant et reprochable, ce qu'il faisait », a déclaré le procureur aux poursuites criminelles et pénales, Miguel Boisvert, à la sortie de la salle d'audience.

Quelques instants plus tôt, il avait décrit au tribunal les horreurs que Marc Clermont a fait endurer à trois enfants. Grand, le visage émacié, les poignets menottés, le sexagénaire a gardé la tête basse dans le box des accusés pendant le récit.

En 2013, Marc Clermont s'est rendu chez une prostituée de Longueuil pour recevoir des services sexuels. L'enfant de la femme s'est réveillée et a surpris M. Clermont et sa mère en train de regarder de la pornographie dans le salon.

Le pédophile, qui était sorti du pénitencier depuis moins de deux ans, a offert à la mère « de payer pour toucher la fillette » de 6 ans, peut-on lire dans l'exposé des faits présenté au tribunal. La mère a accepté et a assisté aux trois premières agressions. Par la suite, elle les a laissés seuls.

Marc Clermont a abusé de l'enfant à environ 25 reprises pendant trois ans.

Bikini et talons hauts

Lors des premières agressions, le pédophile a demandé à la mère de faire porter un bikini à la fillette. Par la suite, il a exigé qu'elle porte une robe noire, sans manches, des talons hauts ou du maquillage.

« La somme monétaire donnée en contribution varie en fonction du budget de Clermont », qui donnait de 100 $ à 200 $ pour passer de 30 à 45 minutes avec la victime », a relaté Me Boisvert. Marc Clermont embrassait le corps de l'enfant et la forçait à le masturber. La mère avait interdit la pénétration.

C'est elle qui se chargeait de préparer la chambre de l'enfant, « en fermant les rideaux et en obstruant tout jour avec une serviette pour éviter qu'un voisin ne les surprenne ».

Marc Clermont avait affirmé à l'enfant qu'il savait que ses gestes étaient illégaux, mais qu'il les faisait pour « son plaisir à elle aussi ».

Le 22 février 2017, incapable d'en supporter davantage, la victime, qui avait alors 9 ans, a confié son douloureux secret à une amie qui a sonné l'alarme.

« Je savais ce que je faisais »

Dans les années 1990, Marc Clermont a aussi abusé de deux fillettes pendant de nombreuses années. Il a volé les sous-vêtements de l'une d'elles pour se masturber et a tenté de cacher une caméra pour l'épier.

En reconnaissant ses crimes, lundi, le pédophile s'est excusé et s’est dit prêt à être puni. « Je savais ce que je faisais, je savais que je ne devais pas le faire », a-t-il déclaré.

Il se montre préoccupé par les séquelles des agressions sur ses victimes. « Le positif, c'est qu'aujourd'hui elles peuvent recevoir l'aide de la société, de psychologues, de gens compétents », dit-il.

Au total, il a plaidé coupable à 12 chefs d'accusation, dont agression sexuelle avec la participation d'une autre personne et obtention de services sexuels d'un enfant moyennant rétribution.

Vers une longue peine d'emprisonnement

Les deux premières victimes de Marc Clermont, à présent adultes, étaient dans la salle d'audience pour l'entendre reconnaître ses crimes.

Sa dernière proie, maintenant âgée de 10 ans, est « démolie » par les agressions, selon Me Boisvert. Sa mère a été condamnée à sept ans de détention pour son rôle cruel dans le stratagème.

Me Jean Gauthier, l'avocat du pédophile, a décrit le dossier comme étant « complexe » et a précisé que son client avait manifesté son intention de plaider coupable depuis son arrestation, en mars dernier. Marc Clermont est incarcéré depuis.

La poursuite pourrait demander à ce qu'il soit déclaré délinquant à contrôler. Le dossier sera de retour à la cour le 27 mars.

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