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Un pipeline en partie hors terre continue d'inquiéter à Saint-Lazare

Plus d'un an après la découverte d'un pipeline sorti en partie de terre dans un boisé de Saint-Lazare, en Montérégie, aucune solution permanente n'a encore été mise en place par Trans-Nord, la compagnie qui en est responsable. Une situation qui inquiète autant les citoyens que les environnementalistes.

Un texte d'Éric Plouffe et Catherine Kovacs

Un petit cours d'eau sillonne le grand terrain peuplé d'arbres matures appartenant à Sylvie Rozon, à Saint-Lazare.

Il y a un an, l'enseignante y a découvert une section d'environ un mètre d'un pipeline de la compagnie Trans-Nord au fond d'une crevasse argileuse, où s'écoule de l'eau qui fait son chemin jusque dans la rivière des Outaouais.

Depuis, la compagnie a recouvert le tuyau, vieux de 60 ans, d'un tas de roches. Mais à la grande stupéfaction de Sylvie Rozon, rien de plus n'a été fait.

« Je viens marcher souvent. Il n'y a rien qui change », laisse tomber l'enseignante. « C'est comme ça. Mais au moins il [le tuyau] n'est pas dénudé, mais il reste que je sais, à force de passer, que le tuyau n'est pas très loin sous vos pieds », ajoute-t-elle.

Sylvie Rozon ne trouve guère rassurant que le cours d'eau puisse s'être fait un chemin sous ce tas de roche recouvrant le pipeline.

« On sait aussi que l'érosion sous le tuyau [...] c'est là qu'il peut y avoir des cassures parce que le tuyau n'est plus soutenu. Mais là on ne voit rien. Le tuyau est caché », dit-elle.

Cette situation inquiète aussi Guy Coderre, du groupe Citoyens au courant.

« On est à moins de cinq kilomètres de la rivière des Outaouais », fait-il remarquer.

Un manque d'information

Sylvie Rozon déplore également le manque d'information de la part des autorités et de la compagnie sur les travaux à venir.

C'est Radio-Canada qui lui a par exemple appris que le ministère de l'Environnement du Québec a émis en juin dernier un avis de non conformité à Trans-Nord concernant ses travaux temporaires.

Trans-Nord a pour sa part fait savoir par courriel qu'elle attendait les autorisations nécessaires pour réaliser des travaux permanents. « Pipeline Trans-Nord inc. [PTNI] a procédé à des réparations intérimaires et attend les permis requis afin de procéder à la réparation permanente », peut-on lire dans le courriel.

Le ministère de l'Environnement du Québec a indiqué dans un autre courriel qu'il attendait que Trans-Nord lui demande les autorisations nécessaires pour effectuer des travaux permanents sur le site. La conseillère en communication du ministère, Claudia Durocher, a écrit que « l'entreprise déposera sous peu une demande de certificat d'autorisation pour mettre en place une solution permanente ».

Depuis 2010, Trans-Nord a été prise en défaut à 11 reprises par l'Office national de l'énergie.

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