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Un plaidoyer pour une politique plaçant l'architecture au coeur des projets

L'Ordre des architectes du Québec est en voie de compléter un rapport où il compte réclamer l'adoption d'une politique provinciale mettant l'architecture au centre de tout futur projet de construction, comme l'ont fait le Danemark, la Belgique et la France.

Un reportage de Serge Boire

Des politiciens et des architectes ont échangé à ce sujet dans le cadre d’une conférence au Palais des congrès, jeudi.

« On s'est donné les moyens de construire, à travers la loi, un dispositif visant à remettre l'architecte au coeur du projet », a témoigné Patrick Bloche, un politicien socialiste qui a poussé cette idée en France.

Dans les pays où une telle politique est en vigueur, on a constaté que la place accordée à l’architecture ne faisait pas augmenter le coût des projets.

Le plus grand défi, souligne l’architecte belge Chantal Dassonville, est de convaincre les gouvernements de l'importance d'agir. « Il est peut-être temps aussi que les autorités publiques se réapproprient les enjeux de l'architecture, sans déléguer leur mission de service public au secteur privé exclusivement », dit-elle.

La présidente de l’Ordre des architectes, Nathalie Dion, estime que le projet du nouveau pont Champlain a démontré qu'il est possible d'arrimer architecture et partenariats public-privé. « La conception, le design, a été faite à l’extérieur du partenariat, a été faite en amont. Donc, […] aux équipes de consortium qui se sont présentées pour la réalisation, on a imposé un concept. On leur dit : "OK, vous pouvez construire, avoir les méthodes que vous choisissez, mais le résultat, ça doit être celui-ci qui est attendu, et on ne changera pas là-dessus" », explique-t-elle.

L'Ordre devrait bientôt déposer son rapport, sur lequel il travaille depuis trois ans, au gouvernement. Il espère que la résolution adoptée par Montréal et 49 autres villes, priorisant l'architecture, convaincra Québec d'en faire autant.

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