Le présumé mafieux Michele Torre, qui vit à Montréal depuis 50 ans, sera finalement renvoyé en Italie, son pays d'origine, le 26 octobre, a affirmé jeudi son avocat Stéphane Handfield, qui parle « d'acharnement » à l'égard de son client.

Ainsi en a décidé Immigration Canada sans attendre la décision du ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile, Ralph Goodale.

En 1996, l'Italien est arrêté, avec Frank Cotroni (une légende de la mafia sicilienne de Montréal) et son fils aîné Francesco, après avoir récupéré de la cocaïne cachée dans des poches. Il est accusé de complot pour trafic de drogue. Devant le juge, il plaide coupable et purge une partie de sa peine de neuf ans de prison .

M. Torre est arrêté à nouveau en 2006 dans le cadre de l'opération Colisée qui visait la mafia italienne à Montréal. Mis en détention préventive pendant plus de deux ans, il n'a été reconnu coupable d'aucune infraction cette fois-là.

Depuis 2013, le gouvernement canadien tente de l'expulser du territoire national « pour grande criminalité et criminalité organisée ». En juin 2014 , la Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada ordonne son expulsion.

« J'ai trois enfants et cinq petits-enfants. C'est toute ma vie eux autres. Toute ma vie, j'ai vécu au Québec. Ils ont détruit ma vie aujourd'hui », a déclaré M. Torre à la suite de cette décision.

Cette décision a été confirmée en septembre 2016 par la Cour suprême.

M. Torre devait être expulsé le mois dernier. Alors qu'il se trouvait à l'aéroport de Montréal pour prendre un vol en direction de Rome, son avocat, Stéphane Handfield, l'a informé de la décision du ministre de la Sécurité publique de surseoir à son expulsion en attendant qu'il réexamine le dossier.

M. Torre est soutenu par sa famille et des membres de la communauté italienne qui ont organisé des manifestations pour protester contre son expulsion.

Arrivé au Canada en 1967, à l'âge de 14 ans, il avait obtenu la même année le statut de résident permanent.

Âgé aujourd'hui de 67 ans, il devrait laisser derrière lui une femme souffrante, selon ses proches.

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