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Un programme d'aide aux itinérants auquel participe le milieu des affaires

De plus en plus de gérants d'hôtels, de centres commerciaux et d'autres immeubles du centre-ville de Montréal font appel à un service d'aide aux itinérants pour prendre en charge ceux qui circulent sur leur propriété et intimident parfois leur clientèle.

Un texte de Benoît Chapdelaine

La Société de développement social (SDS) de Ville-Marie, un organisme qui fait le lien entre le milieu des affaires et d'autres services d'aide aux itinérants, est intervenue un millier de fois depuis le début de l'année dans différents immeubles privés et publics.

« Ils vont nous appeler, nous dire : "un tel est dans la bâtisse, il est complètement chaud". On arrive sur place, on l'évalue sommairement pour voir si c'est un cas de 911. Sinon, il y a deux centres où on peut le référer », explique la coordonnatrice du programme Action-Médiation de la SDS, Sylvia Rives.

Vingt-huit établissements du centre-ville, dont la Place Ville-Marie, le Complexe Desjardins et le Palais des congrès, contribuent financièrement au programme. Le tarif symbolique annuel est d'un cent par pied carré de superficie de l'immeuble. Les intervenants appelés sur les lieux, qui connaissent souvent les itinérants, les dirigent vers un autre organisme d'aide approprié.

Un intervenant social plutôt qu'un agent de sécurité

« Avant, les bâtisses et les hôtels engageaient un agent de sécurité pour faire ce travail-là, mais il n'est pas qualifié pour faire cela. Donc, au lieu d'un agent de sécurité pourquoi ne pas engager un intervenant psychosocial? C'est sa qualification pour être capable de s'occuper de cette personne-là », explique Sylvia Rives.

L'hôtel Delta Montréal, dans le Quartier des spectacles, a été l'un des premiers à utiliser le service Action-Médiation, en 2015.

« Une personne fortement intoxiquée par l'alcool commençait à crier, à perturber un peu l'ambiance du lobby [...] Notre agent de sécurité l'a vue immédiatement, est allé la voir en l'appelant par son prénom et en créant un lien [...] Il a permis d'appeler la SDS, qui l'a tout de suite pris en charge », raconte le directeur général, Bertil Fabre, enchanté par la qualité du service.

BOMA Québec, un regroupement de propriétaires de grands immeubles du centre-ville, encourage ses membres à adopter la formule.

« Il existe un bon nombre d'organismes pour venir en aide aux personnes en situation de crise. Il n'est toutefois pas évident pour un gestionnaire de savoir à qui s'adresser, et un répertoire des organismes n'est pas d'une grande utilité lors d'une urgence », écrivait l'organisme dans un communiqué publié cet été.

Une solution du secteur privé

Le directeur du Service de développement social de Ville-Marie, Émile Roux, considère le service Action-Médiation complémentaire à ce qui est déjà offert par le réseau public de santé et de services sociaux.

« Dans ces périodes où on coupe les budgets dans le public, ça peut être intéressant aussi d'avoir une alternative, sans pour autant justifier les coupes, mais en tous cas pour avoir une alternative qui vienne du secteur privé. De leur dire : "Vous avez votre part de responsabilités, vous devez intervenir comme bon citoyen, en tant que bonne entreprise implantée sur le territoire". Voici une bonne façon de le faire de manière assez concrète », estime-t-il.

La Société de développement social, qui est aussi impliquée depuis 2012 dans l'aide aux itinérants qui se réfugient dans le métro, souhaite que d'autres grandes villes du pays aux prises avec des problèmes reliés à l'itinérance reproduisent ce genre de service.

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