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Un projet d’école financée par l’État, mais gérée comme au privé au Technopôle Angus

La Société de développement Angus (SDA) a présenté mardi soir les grandes lignes de son projet d'école primaire devant une centaine de résidents du quartier Rosemont.

Cette école serait financée par l'État, mais gérée comme au privé, ce qui nécessiterait un amendement à la Loi sur l'instruction publique.

« L'idée, c'est d'avoir une entente de service avec la Commission scolaire de Montréal, mais d'être relativement autonome entre autres sur l'embauche de la direction, l'embauche des professeurs, la capacité de gestion financière », explique le président de la SDA, Christian Yaccarini, qui précise que l'école serait publique, gratuite et sans test d'admission.

La présidente de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), Catherine Harel Bourdon, trouve le projet « inspirant », mais elle croit que l’école devrait plutôt s’intégrer à la Commission scolaire, qui est « un réseau d'écoles qui s'entraident ».

« Pour nous, c'est important cette communauté-là, ce réseau d'écoles, dit-elle. Et on espère avoir une école publique dans Angus qui va se joindre à ce réseau d'écoles. »

La SDA travaille depuis un an avec des comités de parents sur cette proposition d'école publique dite du 21e siècle.

On la décrit comme une école verte, lumineuse, axée sur la créativité et le numérique, où les élèves n'auraient pas de bulletins ni de devoirs obligatoires à la maison.

« C'est une école de rêve, dit Christelle Rey, une mère qui s'investit dans le projet. C'est une école qui va être ouverte sur la communauté, qui va dans un premier temps servir les enfants, servir les parents, mais pas simplement. »

Il est en effet prévu que l'école soit ouverte le jour, le soir, la fin de semaine et l'été pour des activités liées à l'école, mais aussi à la communauté.

À la fin de l'assemblée de mardi, deux comités ont été créés pour poursuivre le travail avec les citoyens : le comité « Aménagement » travaillera de concert avec les architectes, et le comité « L'école et sa communauté » se penchera sur les partenariats à développer pour que l'école soit réellement communautaire.

Le promoteur a déjà réservé le terrain, angle Mont-Royal et Molson.

Il dit sentir une ouverture de Québec pour mettre en place un projet pilote, mais il attend les élections d'octobre avant d'aller plus loin.

Chose certaine, l'école Angus viendrait combler un manque criant dans Rosemont, comme le soulignait l’Office de consultation publique de Montréal dans un rapport publié l’été dernier. L’Office recommandait toutefois que l’école soit située à un autre endroit que le site proposé.

La SDA développe un quartier comprenant environ 83 000 mètres carrés de bureaux, d’habitations, de commerces et d’espaces verts dans le secteur où se situaient autrefois les usines Angus de matériel ferroviaire, dans l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie.

Une « aberration », selon la CSQ

La présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Louise Chabot, dénonce ce projet. Elle déplore que le modèle proposé soit une école à charte, financée à 100 % par les fonds publics et gérée par des intérêts privés.

Ce genre de projet cache d'autres intentions, notamment celles de privatiser l'éducation, selon la CSQ.

Avec des informations de Sarah Sanchez

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