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Un projet immobilier controversé à Pierrefonds

Des opposants au gigantesque projet immobilier Cap-Nature à Pierrefonds, dans l'ouest de l'île de Montréal, accusent les promoteurs d'avoir fait du remblai illégal dans les milieux humides.

Le groupe de citoyen « Sauvons l'Anse-à-l'Orme » estime que ce remblai bouleverse l'écosystème. « Et ça ne devrait jamais se faire sans permis », déplore l’une des opposantes au projet, Alison Hackney, qui affirme avoir été témoin de travaux illégaux.

Plus de 3000 chargements de gravier auraient été effectués dans l’un des secteurs, éliminant jusqu’à 13 700 mètres carrés de milieu humide.

Selon le groupe d’opposants, le promoteur immobilier ne disposait pas d'un certificat d'autorisation, qui est pourtant obligatoire pour effectuer le remblayage en zones humides.

Dans les plans des promoteurs, le ruisseau Lauzon, ainsi que la rivière à l’Orme, l’une des dernières rivières à l’état sauvage de l’île, sont pourtant préservés.

« C’est un projet qui n’a vraiment pas de sens, ajoute Alison Hackney. Avec les inondations de cette année, beaucoup de gens vont comprendre la valeur du terrain. »

D’ailleurs, le site a été partiellement inondé ce printemps. Le secteur submergé est cependant celui que les promoteurs entendent transformer en parc.

Requête en Cour supérieure

Le projet avait auparavant fait l’objet d'audiences auprès de l'Office de consultation publique de Montréal. Celles-ci sont cependant passées inaperçues, justement en raison des inondations de ce printemps, qui ont fait beaucoup de dégâts dans le sud-ouest du Québec.

Le regroupement qui s'oppose au projet espère être davantage entendu, maintenant qu’il a déposé une requête en Cour supérieure pour obliger la Ville de Montréal et le ministère des Transports du Québec à rétablir les espaces naturels. Mais en raison des délais qui prévalent dans le système judiciaire, il faudra attendre environ deux ans avant le jugement.

Appuis politiques

Le groupe de citoyens « Sauvons l'Anse-à-l'Orme » a cependant reçu des appuis politiques dans sa lutte contre le développement immobilier.

Projet Montréal a manifesté son opposition dans un mémoire qui recommandait plutôt la création d'un parc national sur le site. L’aire ainsi protégée regrouperait les terres de l'Anse-à-l'Orme, du parc agricole du Bois-de-la-Roche, de l'« Arboretum Morgan » et du parc-nature du Cap-Saint-Jacques.

Le parti Vrai changement pour Montréal est lui aussi contre le projet, qui reçoit cependant le soutien de l’administration Coderre et du maire de l'arrondissement de Pierrefonds-Roxboro, Dimitrios Jim Beis.

Est-ce donc un combat de David contre Goliath pour le groupe de citoyens « Sauvons l'Anse-à-l'Orme »? « Oui, reconnaît Alison Hackney. Mais nous sommes beaucoup de David. »

Le groupe a même lancé une pétition en ligne pour convaincre les élus de revenir sur leur décision.

Avec les informations de René Saint-Louis

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