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Un rappeur montréalais remporte une bataille juridique contre Kendrick Lamar

Un rappeur montréalais vient de remporter une bataille juridique contre l'équipe qui représente l'artiste hip-hop américain de renom Kendrick Lamar.

La Cour des petites créances du Québec a ordonné, en octobre dernier, à Top Dawg Entertainment, Interscope Records et Universal Music Group de verser 8000 $ à Jonathan Emile.

Les maisons de disques ont été condamnées pour avoir fait retirer, en 2015, une chanson du premier album de Jonathan Emile de certains sites musicaux.

Top Dawg Entertainment, Interscope Records et Universal Music Group soutenaient que la chanson Heaven Help Dem avait violé leurs droits d’auteurs, car elle comprenait un couplet chanté par Kendrick Lamar.

David contre Goliath

Pour composer Heaven Help Dem, Jonathan Emile s’est inspiré de l’affaire Fredy Villanueva, un jeune homme qui a été tué par un policier montréalais en 2008.

En 2011, le rappeur a approché Kendrick Lamar pour que celui-ci collabore à cette chanson. Le rappeur américain a accepté et a envoyé son couplet à Jonathan Emile en 2012.

(Source : YouTube/JonathanEmileVEVO)

Emile affirme qu’il a payé le rappeur américain et qu’il lui a clairement indiqué que la chanson se trouverait sur son premier album. Cependant, après la livraison du verset, il est devenu plus difficile de contacter l’équipe de gestion de Kendrick Lamar pour finaliser l’accord.

Emile a donc publié la chanson sur la base de l’accord original passé avec l’équipe de Lamar.

Lorsque le premier disque de Jonathan Emile, The Lover/Fighter Document, est paru en 2015, Kendrick Lamar était alors devenu un artiste établi lauréat d’un prix Grammy. La chanson Heaven Help Dem a alors été lancée sur iTunes, YouTube, SoundCloud et d’autres services de musique en continu. Mais elle a rapidement disparu de la toile.

Jonathan Emile a su que l’équipe de Kendrick Lamar avait retiré la chanson en alléguant une violation de droits d’auteurs.

Il est parvenu à la remettre en ligne des mois plus tard, mais l’occasion de bien faire connaître son œuvre était passée, estime-t-il. Jonathan Emile s’est alors tourné vers les tribunaux pour faire valoir ses droits.

Ravi par la sentence

Même si le montant des dommages est minime, le Montréalais Jonathan Emile est ravi par l’issue de cette saga juridique.

« Je voulais discuter de justice sociale [dans la pièce], mais en fin de compte, cette histoire porte sur la façon dont les grandes multinationales du disque traitent les artistes indépendants », a-t-il déclaré à la radio de CBC.

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