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Un rapport sur les chevaux à Montréal toujours attendu

Lors du débat sur le sort et la place des calèches à Montréal, certains, dont Denis Coderre, ont évoqué un rapport, celui de l'organisme Cheval Cheval, remis aux fonctionnaires de la Ville depuis plusieurs mois. Qu'en est-il de ce rapport, que le maire hésite encore à rendre public?

Un texte de Brigitte Lévesque

Il faut comprendre que le mandat confié à l'organisme Cheval Cheval, il y a déjà près d'un an, ne concernait pas précisément la santé des chevaux de calèche.

La responsable de l'étude, Audrey Lapointe, nous a expliqué en septembre dernier que l'objectif de départ consistait plutôt à étudier la faisabilité d'un projet comprenant, entre autres, une écurie et un musée pouvant se situer au parc Angrignon, où il y a déjà eu une ferme urbaine, et ce, jusqu'en 2008.

Le contrat

On a pu croire que le rapport avait été commandé en réaction à la chute de la jument Marilyn sur une plaque de métal dans une rue en chantier du Vieux-Montréal le 14 juillet 2015, événement qui a soulevé l'indignation sur les médias sociaux et relancé de plus belle le débat sur la place du cheval en ville.

Or, il n'en est rien. Six jours auparavant, à sa séance ordinaire du 8 juillet, le conseil d'arrondissement de Ville-Marie avait approuvé le contrat d'environ 48 000 $ accordé à Cheval Cheval quelques jours plus tôt pour analyser si le projet au parc Angrignon pouvait contribuer à restructurer et à valoriser le patrimoine équin à Montréal.

L'organisme, une entreprise d'économie sociale (OBNL) spécialisée dans le développement de projets équestres en milieu urbain, avait à se pencher sur la possibilité d'y aménager des installations comme un poney-club, une écurie de pension et un musée du cheval, précise la responsable, Audrey Lapointe.

Des scénarios réalisables?

« Ces scénarios sont-ils viables, faisables? Est-ce qu'économiquement, ça pourrait fonctionner? Est-ce que d'autres options pourraient être plus intéressantes? » Voilà ce qu'a, entre autres, documenté Audrey Lapointe en exécutant son mandat.

Par ailleurs, il n'est sans doute pas acquis que les cochers seraient prêts à faire une heure de calèche pour se rendre dans le Vieux-Montréal s'ils mettaient en pension leur cheval au parc Angrignon.

Qu'en pense le maire Coderre?

Le maire de Montréal s'est déjà avancé sur la construction d'une écurie. Lorsqu'il en parle publiquement, c'est clair : il la projette dans le Vieux-Montréal. Il ne parle jamais du parc Angrignon, même s'il a confirmé, l'an dernier, que la ferme de petits animaux devrait rouvrir ses portes dans les prochaines années.

Il parle aussi de rendre piétonne la rue de la Commune, qui longe le Vieux-Port, en laissant entendre que les chevaux de calèche pourraient y circuler à l'abri des voitures.

Une écurie respectueuse d'un patrimoine vivant

Le maire s'est dit triste de la façon dont certains chevaux sont traités et a dit qu'il voulait leur offrir des conditions de vie comparables à celles de sa police montée.

C'est vrai qu'à l'écurie de la cavalerie du Service de police de la ville de Montréal (SPVM), située sur le mont Royal, les chevaux vivent dans des conditions qui contrastent avec celles de chevaux de calèche. Il y a trois employés civils, des palefreniers, pour soigner huit chevaux du SPVM et entretenir l'écurie au quotidien.

Il faut ajouter que les chevaux de la police montée de Montréal, des chevaux canadiens, ont la possibilité de combler leurs besoins essentiels quand ils ne travaillent pas, en ayant notamment accès à un enclos pour se déplacer librement. Ils dorment dans des boxes propres où ils peuvent s'étendre de tout leur long, ce qu'un cheval qui le désire ne peut pas faire lorsqu'il loge dans un entre-deux, un espace restreint entre deux murets.

La vision du maire Coderre

Le maire de Montréal a ainsi commencé à sensibiliser la population à sa vision d'ensemble de la future politique du cheval qu'il veut faire adopter pour assurer le bien-être de cet animal et le valoriser.

À ses yeux, il y a des activités qui fonctionnent « à merveille ». Il cite souvent en exemple la « Run de pain » dans les rues de Pointe-Saint-Charles les samedis matin où le boulanger dans son véhicule tiré par une jument livre le pain sorti du four traditionnel de la Maison Saint-Gabriel, qui accueillait autrefois les Filles du roi.

Denis Coderre estime que Montréal et le cheval sont intimement liés et il veut créer un centre d'interprétation. « L'histoire de Montréal passe aussi par l'apport du cheval dans notre propre patrimoine », dit-il, et évoque la création d'un musée du cheval. 

« Pourquoi est-ce qu'on ne pourrait pas, dans le contexte du patrimoine montréalais, célébrer le 375e anniversaire en envoyant des messages de la contribution du cheval dans la vie de Montréal? Ça, c'est le genre de choses qui me plaît bien. »

À quand la publication du rapport de Cheval Cheval?

Les fonctionnaires ont le rapport entre les mains depuis plusieurs mois, mais le maire Denis Coderre hésite encore à le publier. « On est en train de finir de l'analyser », a-t-il affirmé le 25 mai dernier.

Entre-temps, Projet Montréal, l'opposition officielle à l'Hôtel de Ville, réclame la publication immédiate du rapport de Cheval Cheval pour alimenter le débat sur la place des chevaux en ville.

« Ça ne me dérangera pas de le publier en temps et lieu, ajoutait le maire Coderre à la fin mai. [...] Je n'ai pas de date, là. » Et il a poursuivi en riant : « Je vais le lire. C'est une bonne idée. Je vais peut-être apprendre des choses là-dedans! »

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