BILLET - Si le Canadien espère une Coupe Stanley à court terme, le repêchage n'est plus une option valable. Embaucher Steven Stamkos m'apparaît comme la meilleure option.

Un texte de Guy D'Aoust

À la conclusion de la journée, à la date limite des échanges, le directeur général du Canadien Marc Bergevin a répété que c'est par le repêchage qu'il compte bâtir son équipe.

Ce ne sont pas les transactions conclues cette journée-là qui pourraient lui donner tort. Dans un marché timoré, alourdi par un plafond salarial encombrant, les directeurs généraux ne parviennent même plus à échanger des joueurs en fin de contrat contre des choix de troisième tour. C'est devenu pathétique.

Le repêchage

Voici la panacée. Mon collègue Martin Leclerc illustre bien comment les Maple Leafs s'y prennent, actuellement, pour se donner toutes les chances.

Mais même s'ils y parviennent (ce qui est loin d'être certain), les Maple Leafs donnent un exemple qui ne peut être suivi par la collectivité. Qu'une organisation accepte de perdre à long terme, qu'elle consente à proposer pendant des années à ses partisans une équipe digne de la Ligue américaine, c'est déjà inquiétant.

Mais reconnaissons que six, sept, huit équipes ne peuvent pas se livrer à l'exercice en même temps. C'est la première limite de cette douteuse recette.

Le droit à l'erreur

Quand on joue à ce jeu, on n'a pas le droit de se tromper au repêchage. Et l'histoire nous enseigne que les maladroits sont plus nombreux que les champions quand on parle de repêchage. Marc Bergevin cite en exemple l'organisation des Blackhawks de Chicago dans laquelle il a fait ses classes. Regardons-y de plus près.

Les Blackhawks ont en effet végété dans les bas-fonds de la Ligue nationale il y a 15 ans. Ça leur a permis de repêcher des joueurs de qualité. C'est vrai. Cela dit, dimanche dernier, les Hawks affrontaient les Capitals de Washington dans ce que plusieurs considéraient comme un avant-goût de la finale de la Coupe Stanley.

Pour ce match-test, savez-vous combien il y avait de joueurs des Blackhawks repêchés et développés par l'organisation? Huit. Huit joueurs sur 20! La veille, contre les Leafs, le Canadien en avait 10. Et ça aurait été 12 sans les blessures à Price et à Beaulieu.

La qualité

Tout est là, bien sûr. Ce n'est pas tant le nombre que la qualité des joueurs concernés qui fait la différence. Et il faut de la chance aussi. Les Blackhawks misent actuellement sur le meilleur pointeur de la ligue, Patrick Kane.

C'est en gagnant la loterie pour le premier choix que Chicago a pu mettre la main sur lui en 2007. Autrement, ils se seraient peut-être retrouvés avec Kyle Turris. Méchante différence!

Les Blackhawks ont connu des années de misère pour arriver à ce résultat. Ils ont eu des compagnons d'infortune. À la même époque, de 1999 à 2006, les Rangers, les Islanders et les Flames croupissaient aussi dans la cave du classement.

Mais plutôt que des Keith, des Seabrook, des Toews et des Kane, ils ont repêché des O'Marra, des DiPietro, des Brendl, des Montoya, des Saprykin et des Krahn. La recette n'est pas universelle et encore moins infaillible.

Avec des « SI »

En conclusion, si le Canadien adopte la recette des Blackhawks, s'il s'éteint pour cinq ou six ans, s'il est l'équipe qui repêche bien et pas l'une de celles (plus nombreuses) qui passent dans le beurre, s'il remporte la loterie pour le premier choix et si son noyau actuel tient le coup, il pourrait gagner la Coupe en... 2022, disons.

Ou il peut prendre un raccourci, faire une offre à Steven Stamkos, se donner (enfin) une attaque qui a du panache et miser sur le repêchage pour compléter sa formation plutôt que pour la construire. S'il choisit cette avenue, ce dont je doute, Marc Bergevin devra se montrer convainquant et libérer de l'espace sous le %¤& plafond salarial.

Comme partisans, vous préférez quoi?

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