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Un superhéros autoproclamé veut préserver la tradition des sucres à Montréal

De jour, il est un père de deux enfants sans histoire. Mais lorsqu'il installe un seau en métal sur sa tête, Mario Bonenfant devient Capitaine Sirop, défenseur de toutes choses liées au sirop d'érable.

« J'ai inventé Capitaine Sirop parce que, parfois, je m'imagine me retourner, prendre une gorgée de sirop d'érable et lancer "allons-y!" », raconte M. Bonenfant.

Originaire du village de Champlain, en Mauricie, M. Bonenfant a grandi dans un environnement de production de sirop d'érable.

Aujourd'hui, en revêtant sa deuxième identité, il espère conserver la tradition de la cabane à sucre en offrant de vivre cette expérience traditionnelle dans les parcs de Montréal.

« J'ai tout appris de ma grand-mère, et si je n'agis pas pour le bénéfice de mes enfants et des écoles qui se trouvent près d'ici, tout ce savoir sera perdu. Et je pense que [les connaissances] sont déjà perdues! Pour la plupart des gens, le sirop d'érable est simplement une boîte de conserve que vous achetez à l'épicerie », déplore M. Bonenfant.

Sirop d'érable, version montréalaise

Dans le parc Beaudet, dans l'arrondissement de Saint-Laurent, M. Bonenfant a tout ce dont il a besoin pour remplir sa mission : une cabane à sucre en bois, un bac rempli de neige où il peut verser du sirop d'érable et une chaudière maison.

Il a même installé des chalumeaux sur des arbres du parc, et utilise la sève pour fabriquer son propre sirop d'érable urbain.

Produire du sirop en ville comporte son lot de défis, comme l'étape consistant à convaincre les curieux qu'il est bon à consommer, obtenir l'aval des autorités municipales et éviter les passants mal intentionnés.

« J'avais un rêve; celui de récolter la sève des arbres installés près des trottoirs », dit M. Bonenfant. « Mais dès que vous installez un seau près du trottoir, des gens mettent des déchets à l'intérieur. »

Le sirop urbain est plus sucré que son équivalent des campagnes. M. Bonenfant conserve d'ailleurs une partie de sa récolte de 2007 pour les occasions spéciales.

Le résultat final n'est toutefois pas particulièrement abondant. La plupart des visiteurs qui s'arrêteront aux installations de M. Bonenfant au parc Beaudet goûteront du sirop raffiné par de plus importants producteurs.

Transmettre les traditions

Parmi les curieux se retrouvant sur les lieux, on compte des adultes qui suivent des cours de français au cégep Saint-Laurent. La plupart d'entre eux, comme Rouba Moussa, originaire de Dubaï, sont de nouveaux arrivants dans la métropole, et n'ont jamais vécu l'expérience d'une cabane à sucre.

« C'est ma première fois, mais j'ai souvent lu là-dessus pendant les devoirs de mon fils, et il aime ça lui-même. Nous avons constamment des biscuits à l'érable », dit-elle.

Après quelques essais, Mme Moussa décide qu'elle aime la tire d'érable. Pour M. Bonenfant, partager les traditions québécoises le motive depuis une quinzaine d'années.

« C'est quelque chose que nous devrions partager davantage. Parce qu'en tenant tout cela pour acquis, nous oublions de transmettre ce savoir », soutient-il.

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